Deux Bleus en or… et un public gonflé à bloc

22 Juin 2014

 

Après des finales handi aviron réussies et auréolées de plusieurs récompenses pour le clan français, les tricolores avaient à cœur de bien faire en ce dimanche de finales, et surtout de faire vibrer le public. Si deux médailles seulement sont venues se rajouter au butin, la seconde mission est des plus réussies.

Après les finales B, le premier rendez-vous des finales A pour le clan français était à 10 h 17, avec la course du quatre sans barreur féminin. Avec seulement cinq bateaux alignés, les équipages n’ont pu se jauger que sur la course de classement organisée le samedi pour déterminer les lignes d’eau. La France présentait deux embarcations : Eléonore Dubuis, Pauline Bugnard, Noémie Kober et Chloé Poumailloux d’un côté, 4e en 6:49.21 / Justine Lecomte, Alice Mayne, Lucie Mathieu et Anne Jouy de l’autre. Les Françaises ont eu fort à faire avec une concurrence chinoise, elle aussi représentée par deux coques, qui prennent respectivement la première et la troisième place, le Canada venant s’intercaler entre les deux. Les jeunes tricolores prennent donc la quatrième et la cinquième place en 6:49.21 et 6:53.03.
S’alignent les deux sans barreur hommes poids léger, avec également deux embarcations françaises : Clément Duret et Théophile Onfroy – récemment engagés à Belgrade aux championnats d’Europe – et Maxime Labarthe et Ludovic Seureau. Médaillés à Linz en moins de 23 ans, Clément Duret et Théophile Onfroy avaient à cœur de montrer que leur passage en équipe A était justifiée, en confirmant une belle prestation. Partis à la bagarre en quatrième position au premier 1000, ils ont réalisé alors une belle remontée, terminant en deuxième place, empochant ainsi l’argent. “On sait que sur le 1000 du milieu on est forts, explique Clément Duret, on aime être à la lutte tout le temps. On voulait faire une belle chose ici, à la maison on voulait faire vibrer le public”. Courir à la maison, un plus aussi pour Théophile Onfroy. “Le bassin est super, c’était vraiment énorme, on a vu nos parents, nos copains de club. On a gardé des réserves pour l’enlevage, pour pas se cramer tout de suite”. Leur ambition : monter dans le bateau olympique, le quatre sans barreur poids léger.
En skiff hommes poids léger, Damien Piqueras n’a rien lâché durant sa course. Parti cinquième, il pointe à la dernière position au 1000 mais a entamé une belle remontée pour finalement terminer quatrième en 7:09.16.
Finale A suivante pour le clan français, le skiff femmes poids léger. Julie Maréchal, la rameuse de l’aviron club du lac d’Aiguebelette, jouait sa première finale de coupe du monde vraiment à la maison. “J’avais un peu la pression, commente-t-elle, mais j’ai réussi à me mettre dans ma bulle car justement je suis chez moi”. La jeune rameuse a eu un peu de mal à finir physiquement, et vise déjà une meilleure performance aux championnats du monde des moins de 23 ans à Varèse (Italie).
11 h 18 : première finale en bateau olympique pour les Français avec le deux sans barreur, Laurent Cadot et Valentin Onfroy sont au départ. Loin devant l’intouchable Kiwi Pair, les Néo-Zélandais Eric Murray et Hamish Bond, une nouvelle fois au-dessus de la mêlée. Les marches suivantes sur le podium sont chères : ce sont les Allemands et les Britanniques qui vont finalement se les attribuer, la paire française terminant quatrième en 6:36.64.
Si la catégorie du deux sans barreur TC semble être dévolue aux Néo-Zélandais, celle du deux de couple poids léger est sans conteste française. Jérémie Azou et Stany Delayre avaient à cœur de confirmer leur récent doublé européen, et ils l’ont fait avec la manière. “On a fait cette course au coup par coup, commente Stany, c’est notre routine”. Partis devant, les Français n’ont une nouvelle fois pas lâchés le leadership de la course qu’ils ont remportée en 6:19.63. “On se donne les moyens de dominer, poursuit le Bergeracois, mais on le fait par rapport à nous-mêmes, c’est notre stratégie, on se dépasse à chaque fois”. Comme son coéquipier, Jérémie Azou est heureux d’avoir remporté cette course à la maison. “Ca se sent sur la fin, tout ce public et ces encouragements quand on tourne la tête, ça donne la chair de poule, je n’ose pas imaginer ce que ce sera en 2015”.
Autre catégorie où les Français étaient engagés et où la Nouvelle-Zélande a encore tiré son épingle du jeu, celle du quatre sans barreur poids léger. Augustin Mouterde, Thomas Baroukh, Franck Solforosi et Guillaume Raineau avaient réalisé une belle entame dans la compétition, jouant à fond à chaque fois le jeu des courses. Devant eux également des Danois très difficiles à atteindre, même s’ils restent la cible des tricolores. Au terme d’une course très enlevée, les Français se sont retrouvés cinquièmes, doublés sur le fil par les Etats-Unis. “Ca a été très vite devant, note Franck Solforosi, mais on a fait une bonne course. On a été au contact pendant tout le premier 1000, vraiment proches des Danois, mais on a manqué de ressources sur la fin. L’aspect technique s’est dégradé au terme de la course, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire l’enlevage vraiment ensemble. Les Anglais sont prenables”. Prochaine étape pour le bateau la régate royale d’Henley, envisagée comme une course de travail avant la dernière étape de coupe du monde à Lucerne où les Français espèrent bien monter sur le podium.
Pour conclure cette coupe du monde, la course du bateau roi de l’aviron, le huit messieurs. Benjamin Chabanet, Sébastien Lenté, Benoît Brunet, Cédric Berrest, Matthieu Androdias, Germain Chardin, Benjamin Lang, Julien Despres et Benjamin Manceau avaient la veille assurer la qualification sans griller trop de cartouches pour toutes les brûler sur cette finale A. Mais la domination fut américaine du début à la fin. Le huit tricolore a lâché les chevaux sur la course, gagnant ainsi sur la fin une place aux Polonais et terminant quatrième en 5:44.45, à moins de trois secondes du premier et quarante-deux centièmes des Biélorusses. “On en avait gardé un peu sous le pied car on savait qu’il y aurait du niveau sur cette course, commente Benoît Brunet, mais on n’a pas réussi à prendre le bon wagon. Le bateau va vite et bien, mais le huit, c’est un bateau long, il faut du temps pour remonter”. Mais les progrès sont là. “On a pris un cran depuis Belgrade, ajoute Benjamin Manceau, on va retourner au charbon”. Prochaine étape pour le huit tricolore Henley, puis directement les championnats du monde à Amsterdam.
D’un point de vue plus général, le test semble réussi pour le nouveau bassin d’Aiguebelette qui a conquis les rameurs, mais aussi le public qui s’est massé sur la plage de Pré Argent pour encourager les athlètes sur les deux cents derniers mètres. De bon augure pour les championnats du monde d’août 2015.

Résultats des finales B pour les Français :

  • deux sans barreur PL : Etienne Girerd et Alexis Guérinot 3e en 6:52.35.
  • skiff hommes PL : Alexandre Pilat 4e en 7:13.96.
  • deux sans barreur femmes : Marie Le Nepvou et Mélanie Cornille 6e en 7:27.64.
  • quatre sans barreur hommes TC : Matthieu Moinaux, Benoît Demey, Julien Montet et Edouard Jonville 4e en 6:10.44.
  • quatre de couple hommes : Mickael Marteau, Jean-Baptiste Macquet, Hugo Boucheron et Alberic Cormerais 4e en 6:02.53.
  • quatre sans barreur PL : Valentin Geneste, Morgan Maunoir, Thibault Colard et Sebastian Resendiz 3e en 6:13.78.
  • skiff hommes TC : Thibaut Verhoeven 6e en 7:09.33.
  • skiff femmes TC : Hélène Lefebvre 5e en 7:46.17.

Fabrice Petit

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