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Albert II de Monaco : une ascendance olympienne

15 Fév 2021

 

Mag Aviron vous propose de découvrir l’interview de son Altesse Sérénissime Albert II, également disponible dans le hors-série visible gratuitement sur notre site.

L’aviron dans la Principauté de Monaco a une histoire intimement liée à celle de la famille princière. Mag Aviron a rencontré Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco qui, en exclusivité, a livré ses souvenirs personnels et familiaux, mais nous a aussi parlé de son attachement à l’aviron et au sport en général.

Parler de Monaco sans évoquer son souverain serait un peu comme parler d’aviron sans parler d’eau. Et lorsque l’on s’entretient avec le Prince Albert II de Monaco, le sport est obligatoirement au cœur des discussions, tant sa passion est empreinte à la fois dans son éducation, son histoire familiale, mais aussi sa personnalité.

Le Prince Albert II a reçu Mag Aviron pour une interview sur son implication, et celle de sa famille, dans le sport. © Eric Marie-Mag Aviron

Mag Aviron : Vous êtes un passionné de sport. Comment Vous est venue cette passion ? Qui Vous l’a transmise ?

SAS Albert II : “La bonne influence des parents joue souvent dans l’éducation des enfants. Pour mes sœurs et moi-même, nos parents nous ont toujours encouragés à faire du sport — que ce soit des activités de plein air comme aller en mer, de la randonnée et l’initiation à certains sports, des participations à des compétitions — à ne pas rester enfermés, à ne pas rester à regarder la télévision. Du côté de ma mère, mais aussi du côté de mon père, il y a eu des antécédents intéressants. J’ai toujours eu cette passion, qui est venue en grandissant, pour les sports”.

Quel a été le rôle du sport dans votre construction, dans votre éducation ?

“Il a eu une place essentielle. On ne peut pas me comprendre complètement si l’on ne regarde pas le parcours que j’ai pu faire dans certains sports. J’ai surtout eu la chance de pouvoir participer à des Jeux olympiques en tant qu’athlète. Ca vous apprend beaucoup de choses de faire du sport, surtout du sport de haut niveau et de participer à ce grand événement. Représenter son pays à des Jeux olympiques, c’est quelque chose d’extraordinaire, ça ne peut que participer à former la personne qui a la chance de vivre ces expériences-là.”

Comment êtes-Vous arrivé à l’aviron ?

“Je dirais naturellement. Je ne m’en souviens pas vraiment, mais peut-être quand dans mon subconscient cela a eu un effet ; j’ai assisté à mes premières régates d’aviron quand j’avais 2 ans. Un film de famille pris par ma mère et mon père en atteste, j’ai vu mon oncle concourir aux Jeux de Rome en 1960 à Castel Gandolfo. C’était donc peut-être déjà ancré en moi, mais en même temps, en étant sur la Méditerranée, surveillant le port de loin, on voit qu’il y a une activité de voile et d’aviron, avec moins de yachts à cette époque-là. J’ai ensuite vu des régates à Philadelphie et ailleurs avec ma famille aux Etats-Unis. Mais j’ai fait mes premières sorties en yole de mer dans le cadre des activités au lycée Albert Ier dans les années 70.”

Quels souvenirs gardez-Vous et quelles sont vos relations avec Jean-Louis Antognelli, votre premier entraîneur ?

“Des relations amicales et chaleureuses, c’est comme voir un membre de la famille que l’on ne voit pas souvent. Il y a cette proximité, cette complicité… C’est quelqu’un qui a une expérience extraordinaire dans ce sport, qui a su la faire partager.”

Vous avez pratiqué le bobsleigh au niveau olympique à cinq reprises. Qu’est-ce qui Vous a orienté vers ce sport, quels en sont vos souvenirs ?

“Je suis tombé dans ce sport un peu par hasard, au début des années 80, en vacances de ski à Saint-Moritz. Je suis parti en promenade, il ne faisait pas très bon. Je suis allé vers la piste de bobsleigh et on m’a proposé de faire une descente. Cela a été une bonne expérience, mais je n’avais pas l’intention de continuer. En y retournant l’année suivante, j’ai rencontré un entraîneur suisse qui était le mari de mon ancienne nurse quand j’étais enfant. Il m’a persuadé de faire des compétitions, et de recruter des athlètes. Je me suis pris au jeu, c’était un apprentissage compliqué, surtout quand on n’est pas une nation alpine. Ce n’était pas dans la culture monégasque, je me suis lancé un défi à moi-même, à une époque où j’en avais besoin. Au fil des compétitions, on a essayé de faire une qualification olympique, ce qui était plus simple à ce moment-là. Mais je n’aurais jamais pensé avoir une carrière de 16 ans, de participer à des championnats d’Europe, du monde et même à des Jeux. J’ai demandé à Jean-Marc Giraldi de venir nous aider pour participer à l’encadrement et à l’organisation logistique.”

Avoir un ami à la tête de la Société nautique de Monaco doit faciliter les relations avec le club.

“Bien sûr. Le club et la fédération d’aviron étaient déjà bien organisés, mais je pense que cela a pris un nouvel essor. Ce n’est pas pour le flatter (sourire), mais l’on peut remercier Jean-Marc et toute son équipe pour avoir su insuffler un nouvel élan et une nouvelle dynamique à l’une des plus anciennes associations sportives de Monaco.”

Ce nouvel essor, on le voit dans les disciplines comme l’aviron de mer qui est en pleine croissance. Comment voyez-Vous cette croissance, notamment à Monaco et surtout avec la volonté de World Rowing d’inscrire l’aviron de mer au programme des Jeux ?

“C’est un extraordinaire développement, j’ai un grand respect pour l’aviron de rivière, cela restera toujours la discipline phare de ce sport, mais il y a de formidables opportunités avec l’aviron de mer, notamment les petites nations et celles qui ont un front de mer important. Cela ne pourra qu’aider au développement du sport aviron dans son ensemble. Mais il y a un bel engouement maintenant, et beaucoup d’athlètes arrivent à faire les deux ; il y a des équipages de très grande qualité. Il y a aussi le côté spectaculaire, imprévisible avec des conditions de mer. On l’a vu à Monaco l’an passé.”

Quel regard portez-Vous sur le challenge qui porte votre nom ?

“J’ai été très touché que l’on ait proposé que ce challenge soit créé à mon nom, c’est un lien de plus avec ce sport, avec ce club et cette fédération. Cela a aussi permis de développer cette compétition qui était un peu régionale et qui ne concernait principalement que nos voisins et amis, cela lui a donné une dimension internationale. J’ai été heureux de pouvoir l’accompagner dans cette transformation et son développement.”

Une prochaine édition de la Coupe des Princes, initiée il y a 3 ans, est-elle prévue ?

“Cela dépend de beaucoup de choses, notamment des restrictions qui nous touchent tous, mais le souhait est de la poursuivre. Mais il y a aussi la situation dans laquelle nous allons pouvoir aborder l’avenir.”

Vous êtes issus d’une lignée de rameurs illustres, notamment votre grand-père titré trois fois aux Jeux olympiques, votre oncle médaillé de bronze. Cette histoire olympique a-t-elle eu une influence sur vous ?

“Ma mère et mes cousins aux Etats-Unis m’ont parlé des exploits de mon grand-père, de son parcours, mais aussi de celui de mon oncle en tant qu’athlète et dirigeant dans le sport. Cela ne pouvait que m’influencer, me conforter dans cette voie, c’est extraordinaire de pouvoir écouter ces histoires, s’imaginer vivre ce qu’a vécu mon grand-père à des Jeux olympiques qui étaient encore au début de l’ère moderne, avec des facilités et des équipements qui ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. Avoir deux titres, en skiff et deux de couple, à 45 minutes d’intervalle, ce n’est pas donné à tout le monde. Ma mère m’a donné à ma majorité l’anneau qu’avaient tous les membres de l’équipe olympique américaine en 1920. Cela ne se fait plus maintenant, mais tous ceux qui avaient réussi la sélection recevaient une bague souvenir. Cela se fait encore dans certains sports américains. Je le garde précieusement, je ne la sors pas souvent.”

L’histoire de votre grand-père est liée à celle des régates royales d’Henley, auxquelles il n’a pas pu participer, car il n’était pas issu de la gentry britannique. Qu’est-ce que cela vous suggère aujourd’hui ?

“C’est complètement suranné, d’une autre époque. J’ai du mal à croire que cela soit possible, c’était déjà difficile à admettre à l’époque, mais la revanche a été belle en remportant ensuite deux victoires à Henley. C’est un joli clin d’œil du destin, mais cela a dû être terrible pour lui, de se voir refuser de participer pour de tels motifs. Pour les défenseurs du fairplay, ce n’est pas très glorieux.”

Un challenge en quatre de couple féminin porte le nom de votre mère à Henley. Vous y rendez-vous régulièrement ?

“Je ne m’y suis pas rendu depuis quelques années, mais j’y suis allé deux fois, dont une avec ma mère. Mais c’est à une époque où il y a beaucoup d’événements en Principauté, je n’ai pas toujours le loisir d’y aller, mais nous sommes informés chaque année des vainqueurs. Mais c’est un très bel hommage des organisateurs pour l’histoire de ma mère, je suis très fier et heureux que son nom soit associé à une telle compétition, encore plus si cela peut aider au développement de l’aviron féminin. C’est aussi une histoire qui se termine de la meilleure façon.”

Quelle était la place du sport dans la vie de votre famille ?

“Mes sœurs ont fait des sports de compétition. Caroline a fait longtemps de l’équitation, Stéphanie beaucoup de gymnastique. Toutes les deux ont toujours été intéressées par le sport, une vie saine. Elles ont inculqué cela à leurs enfants, et j’essaie de l’inculquer aussi à mes enfants. Cela va être un défi d’essayer de ne pas les laisser rester devant leur tablette, leur console de jeu, mais faire du sport. Je vais m’y employer. Ils sont un jeune pour l’aviron, mais ils sont déjà allés sur l’eau.”

Quelle est la place du sport dans la vie des Monégasques ?

“Il y a plus de 150 associations à Monaco dans tous les domaines, dont une soixantaine d’associations sportives. Il y a entre 8 000 et 9 000 licenciés, tous sports confondus ; sur une population de 38 000 habitants, ce n’est pas trop mal. Il y a aussi beaucoup de salles de fitness et de lieux où l’on peut pratiquer le sport pour tous, même si nous sommes contraints par une topographie compliquée et une urbanisation très dense, il y a des espaces publics. Il y a environ 20 % d’espaces verts en Principauté, et sur l’extension prévue en mer, il y aura plus d’un hectare avec un cheminement dans un parc paysager dédié à des activités de plein air.”

Comment fonctionne le financement du sport monégasque ?

“Le sport fonctionne au travers de subventions, que ce soit par le gouvernement, par la mairie de Monaco, mais aussi par le Comité olympique monégasque. Il y a aussi les bourses pour des athlètes qui sont en préparation olympique ou de très jeunes athlètes pour les encourager. Je vois cela une fois par an avec le comité olympique pour l’attribution de ces bourses.”

Avec la pandémie qui frappe le monde, comment voyez-Vous l’évolution que va devoir suivre le sport dans ce monde d’après ?

“Il va falloir introduire des adaptations, dans l’organisation et la pratique avec les restrictions. J’ai une pensée pour les sports de combat, de contact, qui éprouvent des difficultés. Les sports dans lesquels il y a une distanciation ont moins de problèmes. Au niveau olympique, avec toute la préparation des Jeux qui n’ont pas pu se faire à l’été 2020, tout doit se faire à distance. Rien ne remplace le contact, et tout ce que l’on peut faire en présentiel, un terme que je n’aime pas beaucoup. Sur l’économie du sport, il ne peut pas y avoir le même nombre de compétitions, de stages, de séances d’entraînement, cela va changer beaucoup de choses. Espérant que cela dure le moins longtemps possible et que l’on puisse retrouver une activité normale.”

Pensez-Vous que des Jeux olympiques, à Tokyo, puissent se dérouler à huis clos ?

“Encore à l’heure actuelle, il faut tout envisager. Ne pas pouvoir permettre l’accès des spectateurs à la plus grande compétition estivale de sport au monde est très triste, et va à l’encontre du caractère universel des Jeux, de la participation de tous les amoureux de sport et de l’olympisme en général. Cela a été discuté, cela le sera encore. Si la situation se prolonge, il faudra prendre une décision dans les mois à venir. Si les Jeux se tiennent, de quelle façon vont-ils pouvoir se tenir ? Il faut tout faire pour que les Jeux aient lieu, ne serait-ce que pour les athlètes ! Mais aussi pour l’activité économique du pays qui reçoit les Jeux. On ne peut pas vivre que de droits de télévision et de retombées commerciales.”

Si l’aviron n’était pas votre sport préféré, quel serait-il ?

“J’ai la chance d’avoir pu prendre part à des compétitions, de pratiquer dix-sept sports différents. Il y a un sport qui rassemble plusieurs disciplines, intéressant dans son approche et la façon de s’entraîner, le pentathlon moderne.”

Fabrice Petit

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