Aviron indoor : des enseignements pour la suite de la saison

10 Fév 2015

 

Ce week-end, les championnats de France indoor étaient de retour à Coubertin. Trente titres ont ainsi trouvé preneurs dans toutes les catégories.

La recette est désormais bien connue : soixante quatre ergomètres reliés entre eux sur un parquet sur lesquels les rameurs se succèdent les uns aux autres pour s’affronter et ramener un précieux fanion à la maison. Pour cette édition 2015, la Fédération française d’aviron avait décidé de remettre au goût du jour les catégories d’âge (30-39 ans, 40-49 ans, 50-59 ans, 60 et +) chez les hommes et les femmes, en toute catégorie et poids léger. Au total, trente titres de champion de France à décrocher.

Après des courses masters très enlevées dont un record de France pour Gérard Le Flohic (CN Versailles), les premiers rameurs de l’équipe de France à fouler le parquet de Coubertin furent les poids légers. Premier rebondissement de la matinée : Jérémie Azou, qui courait au côté de ses coéquipiers, n’était pas au poids et sa performance de 6:01.6, dépassant son précédent record, n’a pas été homologuée. C’est donc Pierre Houin (US Toul) qui a empoché l’or, suivi de Théophile Onfroy (CN Verdun) et Franck Solforosi (AUN Lyon), le même podium qu’en 2014.
Chez les rameurs toute catégorie, le suspens a duré jusque dans les dernières secondes de la course. Au “bord à bord” avec Benoît Brunet (Aviron boulonnais), Romain Delachaume (SESN) termine ex-aequo avec le pensionnaire du pôle France de Nancy en 5:53.1 ; le Lyonnais Benoît Baratin (CA Lyon) a complété le podium.
Chez les femmes toute catégorie, Noémie Kober (Aviron grenoblois) est championne de France, suivie de Marie Le Nepvou (CA Nantes) et Elodie Ravera-Scaramozzino (CN Nice).
En poids léger, Camille Leclerc (SN Caen-Calvados) a dominé la course en 7:15.1, suivie de Selma Dhaouadi (CNA Rouen) et Marie-Margot Joannès (AC Lyon-Caluire).

En handi-aviron, Perle Bouge a tombé son propre record du monde avec un temps de 3:47.5.

L’après-midi était réservé aux championnats UNSS et à la coupe de France FFSU.
Côté collège, c’est Léonard-de-Vinci de Montauroux qui remporte la compétition ; chez les lycéens, Marguerite de Verdun conserve son titre de champion de France.
Pour les étudiants, ce sont les rameurs de HEC Paris 2 qui gagne la coupe de France.
Parole aux rameurs

Pour les rameurs inscrits dans le chemin de sélection vers l’équipe de France, ces championnats représentent également le second test ergomètre de la saison.
Pierre Houin, en 6:08.7, a signé une performance quasi similaire à son précédent test ergo de décembre. “Je préfère faire ce test à huis clos, mais je sais aussi rester dans ma bulle, ne pas faire attention à ce qui se passe autour. Venir ici, c’est aussi important pour le club, ça représente une possibilité de ramener un fanion ou une médaille. C’est aussi bon pour la communication autour de notre sport, cela permet de se mélanger aux autres, de rencontrer les jeunes”.

Même constat pour Théophile Onfroy qui est parvenu facilement à s’isoler dans un environnement ambiant propice au spectacle (jeu de lumière, musique…) et avec un public qui encourageait ses favoris. “Mon seul regret, c’est l’absence de mon entraîneur du pôle, Maxime Goisset, qui m’encourage et me conseille pendant les tests ergo”.
Pour Benoît Brunet, le nouveau champion de France des hommes TC, c’est une seconde mieux que sur son précédent test ergo. “Je n’avais pas trop d’appréhension, j’ai bien senti la course, et sur la fin, le public qui pousse, ça aide beaucoup, comme dans une compétition sur l’eau quand on approche de la ligne d’arrivée. Sur le plateau, j’étais entouré par Romain Delachaume et Thibault Verhoeven, deux autres rameurs du huit, on faisait corps”.

Des enseignements pour les chefs de secteurs

Les responsables de secteurs étaient présents autour de leurs rameurs à Coubertin et ont tiré des enseignements de l’épreuve.

“Cela nous donne des indications sur le niveau de forme des athlètes, explique Jérôme Déchamp, responsable du secteur hommes PL, après le gros travail foncier pendant la période hivernale. C’est une épreuve plus conviviale et événementielle que ce qu’on a l’habitude de faire, les résultats sont à peu près similaires à ce que l’on avait enregistré en décembre. Certains rameurs sont fatigués à la sortie d’une période de travail intense, mais ce n’est pas grave, car on va pouvoir continuer par le stage en Afrique du Sud”.
Concernant l’état de forme des athlètes, le constat est identique pour Christine Gossé, responsable du secteur féminin. “Certaines sont en forme, d’autres non. Ici, c’est difficile de battre un record personnel, mais il faut apprendre à se concentrer et s’habituer à faire des performances dans ce genre de conditions : dans des compétitions comme les championnats du monde ou les JO, il y a beaucoup de public. Sur le plan sportif, il y    a eu de bons scores sur les deux tests ergo, les filles sentent l’émulation, il y a une vraie compétition entre elles”.

Yvan Deslavière avait convoqué à Coubertin les rameurs du huit et du deux sans barreur. Germain Chardin étant malade, seul Dorian Mortelette avait pu faire le déplacement. “Le contexte est particulier ; chaque rameur se met dans sa bulle, face à son écran, mais je voulais aussi qu’ils envisagent ce test d’une manière collective, en ramant les uns à côté des autres, qu’ils soient solidaires dans cet effort. Les rameurs ont bien fait leur parcours, deux ont battu leur record et Laurent Cadot fait ici le deuxième meilleur temps de sa carrière. Ils sont toujours dans la même dynamique et Romain Delachaume, qui a eu un accident important il y a peu de temps, termine en tête ex-aequo avec Benoît Brunet, il a été porté par ses coéquipiers.

Olivier Pons était également présent à Coubertin pour surveiller les effectifs juniors. “Ce deuxième test est important, cela permet de mettre en avant le travail qui a été fait, surtout à un âge où la stabilité peut varier. Il y a aussi une appréhension de la performance en public, qu’il faut apprendre à gérer ; cela peut en gêner, mais c’est aussi le métier qui rentre. Il y a eu de très bons scores, comme Julie Serre qui bat son propre record, mais cela reste cohérent par rapport à ce que l’on a vu au début de la saison”.

Les différents collectifs de l’équipe de France sont désormais en stage : les poids légers A et le secteur féminin en Afrique du Sud, les poids légers B à Soustons et les hommes TC à Temple-sur-Lot. Prochain rendez-vous du chemin de sélection : la tête de rivière du 8 mars.

Fabrice Petit

En lire plus ?

Voici des articles qui pourraient vous intéresser

Les masters au rendez-vous de Vichy

Les masters au rendez-vous de Vichy

Lire l'article
Poznan 2019 : une bérézina pour l’équipe de France

Poznan 2019 : une bérézina pour l’équipe de France

Lire l'article
Poznan 2019: L’équipe de France prend la foudre

Poznan 2019: L’équipe de France prend la foudre

Lire l'article

Nous avons des formules pour tous les goûts

Découvrez nos différentes formules d’abonnement

 

ABONNEMENT 
100% NUMÉRIQUE
15,99€/an

Les 4 numéros de l’année en version numérique

Un accès au 4 dernier numéros (offert)

Accès illimité aux articles du site

EN SAVOIR PLUS

ABONNEMENT 
PAPIER + NUMÉRIQUE
29€/an

Réception trimestrielle du magazine chez vous.

4 numéros au total + hors série

Abonnement numérique

EN SAVOIR PLUS

ABONNEMENT  (2 ANS)
PAPIER + NUMÉRIQUE
49€/2ans

Réception trimestrielle du magazine chez vous.

8 numéros au total + hors série

Abonnement numérique

EN SAVOIR PLUS