Bahain et Berrest se mettent à la pointe

27 Fév 2014

 

Avec le nouveau projet du huit lancé par le DTN Patrick Ranvier, les deux  compères qui ont trusté les podiums du skiff au national et du double à l’international ont décidé de passer à la pointe.

A deux mois des championnats bateaux courts Julien Bahain et Cédric Berrest ont décidé de tenter l’aventure en deux sans barreur et répondent aux questions de Médias Aviron.

Pourquoi tenter l’aventure en deux sans barreur ?

Julien Bahain : « Le nouveau projet fédéral semble être le huit pour Rio 2016. Le nouveau chef de secteur souhaite pour cela que tout le monde puisse aussi bien ramer en skiff qu’en deux sans barreur (cf Mulhouse, Montemor). C’est donc tout naturellement que j’ai mis mon nom dans la liste des « tribord » en recherche d’un appairage. A savoir que Cédric est aussi tribord et que par conséquent, nous ne devions pas ramer ensemble. Mais après moults entretiens et tergiversations, nous n’avons pas réussi à trouver de coéquipiers. En revenant de Lamoura (janvier), nous avons fait le bilan : nous sommes sur la même ville. Nous nous entraînons aux mêmes horaires et nous avons une certaine expérience et savoir-faire ensemble qui nous feront  gagner du temps dans ce nouveau challenge. J’ai tendance à dire que je suis aussi expérimenté à bâbord qu’à tribord…je me suis donc débordé et c’était parti ! »

Cédric Berrest : « Le gros huit annoncé par la fédération est un projet motivant et enthousiasmant, ça fait vraiment envie. Physiquement on a le niveau pour être dedans, mais techniquement il faut qu’on progresse pour être efficaces. Donc on essaie de faire un maximum de pointe pour être dans le coup, finalement c’est assez logique et cohérent. »

Vous ramez ensemble depuis les juniors ; n’aviez-vous pas envie de changer de partenaire ?

JB : « Il est vrai qu’on a une histoire qui nous a menés de notre adolescence à notre vie d’adulte. On a vécu des victoires, des défaites, des joies, des pleurs. On a fait les 400 coups ensemble. Cela nous lie indéniablement et nous rend forcément proches et peut-être même plus forts. Malgré une année passée sur des chemins différents après les jeux de Londres et le besoin aussi de vivre chacun sa vie et de surtout retrouver le sens de ce que le mot “aviron” voulait dire pour nous, nous avons continué notre histoire en dehors de ce petit monde sportif. On aime à se retrouver pour partager un bon repas ou boire un verre. C’est Cédric que j’appelais sur ma coque de noix au milieu des vagues quand ça devenait dur ! C’est en tant que fidèle témoin que j’organiserai son enterrement de vie de garçon (et accessoirement témoignerai le jour du mariage). 

Mais je préciserai quand même que le contrat est toujours clair côté sportif. On rame ensemble car on sait que l’autre est l’un des meilleurs voire le meilleur sportivement. C’est cette confiance et ce contrat moral qui font qu’on se lève chaque matin pour s’entraîner ensemble. Et en plus, on est amis donc c’est encore mieux! »

CB : « Les années passent, le contexte change, on évolue, mais on prend toujours autant de plaisir à passer du temps ensemble. Pour les appairages, c’était un peu compliqué de trouver un coéquipier pour cette année alors que nous n’avons jamais rien fait en pointe au niveau international et qu’il fallait déjà regagner une place dans le groupe. Mi-janvier, la seule solution restante était de ramer ensemble et que l’un de nous se déborde. On a fait des essais et on a décidé de continuer comme ça. »

Pourquoi le deux sans barreur alors que vous pouviez remonter sur le podium du skiff, au risque de terminer en dehors du podium du deux sans barreur ?

JB : « Personnellement, je suis revenu à l’aviron pour vivre ce que j’aime dans ce sport au plus profond de moi. Le travail d’équipe. Le dépassement individuel au service du collectif. Le skiff est un bateau que j’affectionne particulièrement. J’ai vécu des moments extrêmement forts (mes cinq titres consécutifs, ma finale en coupe du monde en 2010) mais rien n’est plus fort à mon sens que des aventures telles que celles du quatre de couple jusqu’à Pékin. Que celle du double jusqu’à Londres. Que celle d’une traversée avec Patrick Favre. Cela vous lie à jamais et hormis les médailles, ce qui vous reste après votre carrière c’est ce que vous créez en équipe. Je veux pouvoir vivre cela en huit et je veux pouvoir apprendre. Le deux sans barreur est le meilleur moyen de retourner à l’école ! Je peux vous dire que je redécouvre mon sport et qu’après 11 ans dans le haut niveau, on se sent une âme d’enfant (ou plutôt de cadet débutant) quand on est content de ramer enfin “au carré” en deux sans barreur. C’est aussi pour moi un moyen d’envoyer un signal au groupe du huit de mon investissement dans ce projet. J’aurais pu aller prendre une médaille en skiff mais je préfère ramer avec le groupe dans le cadre de ce projet. »

CB : « Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que l’on veut gagner notre place dans le huit et être indiscutables. La deuxième, c’est peut-être un peu plus personnel, mais j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question en skiff depuis mon premier titre en 2002. Le deux sans barreur, c’est nouveau, ça change et on a tout à apprendre. J’ai l’impression de reprendre à la base, sur des choses simples et ça fait du bien. Le résultat suivra si on se fait plaisir. Enfin, ce sera utile dans les années à venir si la Fédération nous demande de faire les sélections eux deux sans barreur pour monter dans le huit, on ne partira pas de zéro. »

Comment est l’ambiance avec « les vrai pointus » ?

JB : « Il faut aujourd’hui rentrer dans un groupe existant. L’objectif est qu’il n’y ait plus de “vrais” ou de “faux pointus”. La scission des groupes pendant de nombreuses années n’aide pas. Il y a encore beaucoup de méfiance. Il faut apprendre à se connaître. Il y a encore du travail de ce côté ! Je pense que c’est en ramant ensemble que les choses se mettront en place et surtout avec un objectif commun. Finalement, nous n’avons pas ramé depuis Boston en octobre et la confrontation individuelle n’aide pas à souder non plus. Mon point de vue, c’est de faire le job au quotidien, de valider sa performance individuelle au sein du groupe et on fera le bilan après. »

CB : « Ce n’est pas simple de se faire une place dans un groupe qui a déjà vécu une saison complète et dont certains ne nous connaissent pas du tout. Il faut un peu de temps et surtout vivre des choses ensemble pour créer une vie de groupe qui dépasse les guerres de clochers et efface les vieilles ardoises. La Head of the Charles à Boston nous a bien aidés à nous intégrer. Avec la dernière étape de la sélection qui approche, c’est un peu plus tendu, le nombre de places est limité. Je pense que ça ira beaucoup mieux après la saison internationale, avec quelques médailles autour du cou. »

Propos recueillis par Eric Marie

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