Cédric Berrest et Julien Bahain font leurs adieux à l’aviron

30 Mar 2017

 

Ce fut l’un des duos les plus médiatiques de l’aviron français jusqu’à ces dernières années. Cédric Berrest et Julien Bahain ont annoncé, l’un depuis Toulouse et l’autre depuis le Canada, vouloir raccrocher les pelles.
 
La rumeur devenait de plus en plus précise ces dernières semaines. Il faut dire qu’il ne s’en cachait plus vraiment, mais attendait le moment opportun pour véritablement l’annoncer. “La date était symbolique pour moi, explique Cédric, elle correspond à l’anniversaire de ma femme, celui de notre rencontre”. Mais au-delà du choix de la date, c’est un faisceau concordant de circonstances qui l’ont amené à arrêter sa carrière de rameur : “Je voulais le faire avant les bateaux courts, pour être honnête et clair vis-à-vis des autres rameurs”. Mais c’est aussi la non-qualification pour les Jeux olympiques (une première dans sa carrière), la paternité d’un petit garçon de 2 ans, et une envie de mettre au second plan sa passion pour le sport pour passer plus de temps auprès de sa famille et enfin se consacrer à sa carrière professionnelle. “Je suis en équipe de France depuis 2002, poursuit-il, autant d’années sans vacances, d’étés pendant lesquels j’ai été absent des rendez-vous familiaux, ça pèse plus maintenant que j’ai 32 ans”. C’est aussi un moment charnière dans sa carrière où la SNCF, qui l’accompagne depuis plusieurs années, lui propose une évolution professionnelle intéressante, un nouveau challenge à relever. “J’ai préféré saisir cette opportunité que me relancer dans une nouvele saison avec à nouveau 200 jours d’absence, le système du haut niveau français n’est pas fait pour des personnes de mon âge, ce n’est optimum pour faire de la performance”. Cédric Berrest a passé longtemps à peser le pour et le contre, à se demander si l’aviron ne lui manquerait pas trop, mais sa décision a été vite prise : raccrocher les pelles, sans se préparer à une quelconque échéance, privilégiant sa vie de famille, son travail, mais ne tournant pas complètement le dos à l’aviron, en tant que nouvel élu au comité directeur de la Fédération.
 
Qui dit Cédric Berrest dit bien souvent… Julien Bahain ! Celui qui a partagé la coque de Cédric pendant de nombreuses années, avant de faire le choix de l’expatriation au Canada, exerçant ainsi sa double nationalité franco-canadienne. Lui aussi a bien réfléchi à ce qu’il allait faire à l’orée de cette nouvelle olympiade, pour finalement décider de raccrocher les pelles. “C’est une somme de facteurs qui m’ont conduit à arrêter, explique-t-il, j’aurais pu le faire après ma blessure au dos, mais cela aurait été trop facile, et je m’étais remis. Mais je ne me sens plus motivé pour m’entraîner dur et repartir pour 4 ans. Les mondiaux ne me parlent pas plus que ça, il me manque le starter pour me réengager dans une année à haut niveau”. L’aspect financier n’est pas non plus à négliger : l’achat d’une maison, une petite fille de 10 mois et demi et l’envie d’être payé convenablement, mais aussi l’envie de vivre autre chose : “Cela fait 18 ans que l’aviron régit ma vie. Je n’arrête pas le sport, je cours, je fais du vélo, je rame, mais à un autre rythme”. Mais Julien Bahain ne ferme la porte à aucun projet côté bateaux longs, avec son club, les occasions de revenir en France se présentant régulièrement. Mais pour lui aussi, l’aspect professionnel a été déterminant. “On me propose un emploi dans la gestion de projets pour le gouvernement de la Colombie Britannique, notamment la construction d’une ligne de métro à Vancouver. Mon expérience à la SNCF a été importante dans leur choix, je ne me voyais pas refuser”.
 
Les deux compères ne devraient plus se retrouver sur les bassins, mais l’amitié qui s’est construite entre eux au fil de l’eau ne va pas s’arrêter sur une ligne d’arrivée qu’ils ne franchiront plus ensemble.
 
Fabrice Petit

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