Des finales mondiales entre joie et frustration

11 Août 2014

 

Après quatre jours de clémence, c’est un Eole contrarié qui a accueilli ces ultimes courses de l’édition 2014 des championnats du monde junior. Un fort vent contre orienté Sud-Est est venu contrarier le bon déroulement des finales en créant des conditions inéquitables pour les athlètes, favorisant certaines lignes d’eau lors des finales B précédant les finales A. Il a donc été décidé d’une nouvelle attribution des couloirs de course, dans le but de favoriser les équipages ayant été les plus performants lors des demi-finales.

Des course plus longues, fastidieuses et intrinsèquement inéquitables attendaient les six équipages français en lice. Trois finales B et trois finales A composaient le programme de l’équipe de France sur le Dove-Elbe.

Goetghebeur-Decriem dominateurs

Les rameurs de Dunkerque et Gravelines ont une fois de plus prouvé leur valeur et ont mené les débats lors de la finale B du deux sans barreur. Partis très fort ils ont assommé leur opposition, affichant au passage du premier 500 déjà 4 secondes d’avance sur les rameurs d’Outre-Manche. Des conditions plus que compliquées, mais visiblement pas insurmontables pour la paire qui « assure du début à la fin ». Partis avec l’intention de « gagner » et de « partir fort », Paul Goetghebeur et Adrien Decriem ont bien résisté au retour des Suisses sur la fin de course.  Comme nous le confirme Paul, « c’était joué ». Belle prestation de la paire qui « finit le championnat sur une bonne note ».

« On ne s’est pas posé de questions »

Une course qui aurait pu virer au cauchemar. Pas pour Thomas Cousin, Vincent Noirot, Ondra Zeman et Bastien Quiqueret qui ont bien su réagir.

Bien partis avec l’équipage Belge, et ayant creusé l’écart avec le reste de la meute, le quatuor essuie une fausse pelle, intervenue à la fin du premier 500, nous livre Bastien Quiqueret. Une fausse pelle fatale puisque qu’elle « stoppa net » l’embarcation nous explique Thomas Cousin. Les quatre rameurs, relégués à la sixième et derniers place, « sur le coup de l’adrénaline » parvinrent à refaire leur retard et à s’emparer de la troisième place. « On ne s’est pas posé de questions » relate Thomas. Ayant refait leur retard, ils essayèrent de revenir sur les Belges et les Croates, qui entre temps « se sont fait la malle ». En vain, mais une solide troisième place en finale B, synonyme de une neuvième place mondiale, qui vient clôturer un championnat positif et prometteur pour ces rameurs qui repartent pleins d’envie pour leurs années sénior.

« Dès qu’on entendait racler les pelles de l’autre on relançait »

Un témoignage qui en dit long sur les conditions qu’a du affronter Maxime Ducret en skiff. Du vent et de la vague se son invités à cette finale B, qu’il a sû dominer. Déjà classé huitième en 2013 dans cette embarcation, le rameur d’Evian s’est aligné au départ avec la claire intention de gagner. Tout comme Thomas Schramko, recordman du monde à l’ergomètre sur la distance de 5000 mètres. « En vent contre l’Australien pouvait faire mal. Mais quand je suis passé devant il a craqué » . Après avoir contré le départ de l’Australien, il a clairement assuré la position de leader et a balayé d’un revers de main les attaques tardives du Bulgare. Maxime Ducret aura sû composer avec des conditions exécrables, en « restant bien aérien » pour s’adjuger la victoire et ainsi la 7e place mondiale.

« Accepter la hiérarchie mondiale quand on a essayé de la bouleverser » 

« Etre audacieuses et tenter leur chance », objectif clairement affirmé par l’entraîneur du quatre sans femme, Camille Ribes. Contrat plus que rempli pour Sophia Corneille, Diane Albrecht, Clémentine Collet et Alice Renaud qui sans aucune hésitation produisirent un départ canon pour figurer avec les Américaines et passer le premier 500 en deuxième position. Elles ne réussirent pas à contenir le retour des Chinoises, qui empocheront le titre et des Italiennes sur la deuxième moitié de course, et finirent à la cinquième place, au terme de 8:03.5 minutes de course. Pas de regret pour ce quatuor qui aura fait la course qu’il fallait face à des écuries Américaines et Chinoises clairement au-dessus. Sophia Corneille nous explique qu’elles ont fait du mieux qu’elles pouvaient. « C’est une belle expérience que l’on est contentes d’avoir vécue »  ajoute-telle et une très belle performance de ce quatuor, porte-étendard de l’aviron féminin ici à Hambourg avec la skiffeuse.

« Aujourd’hui c’était à celle qui passait le mieux la vague »

Camille Juillet, après un parcours sans faute en éliminatoire, quart et demi-finale avait montré qu’elle avait les armes pour jouer la gagne lors de la finale A. La jeune Verdunoise prit le taureau par les cornes et imposa un train d’enfer à ses concurrentes pendant 500 mètres. Mais la rameuse allemande avait d’autres idées en tête, et Melanie Goeldner déposa ses concurrentes pour prendre la tête de la course et s’emparer du titre. Camille Juillet parvint à contenir la néerlandaise sur la fin de course pour s’emparer d’une deuxième place et d’un titre de vice-championne du monde ô combien mérités. Elle aura eu à affronter un bassin démonté: « Le bassin était horrible, à un moment j’ai  même perdu ma pelle, et j’avais de l’eau dans le bateau. » A ce niveau-là, d’autres facteurs entrent en ligne de compte: « Aujourd’hui c’était à celle qui passait le mieux la vague » continue-t-elle. Une performance exceptionnelle qui clôture une saison qui ne l’est pas moins pour une rameuse ravie, et au goût de revanche après une 2e place en finale C à Trakai l’année dernière: « Si on m’avait dit en début de saison que je serai vice-championne du monde, je ne l’aurais pas cru! ». Elle offre donc l’unique podium français de ces championnats.

« Un net handicap » pour le huit.

« Les équipages du côté de la ligne d’eau 1 avaient un net handicap » nous confiait Olivier Pons. Le Huit français n’échappa pas à la règle, coincé à la ligne d’eau 2, entre les Espagnols et les Britanniques. Adrien Godé, Robinson Doumic, Louis Droissart, Thibaud Turlan, Guillaume Turlan, Nicolas Gilbert, Matthieu Demange, Axel Leroy et Marc Thorineau ont tout tenté pour essayer d’être acteurs de cette grande finale du Huit, mais les conditions ô combien inéquitables n’ont pas permis aux huit rameurs et à leur barreur de prouver leur valeur et ils se retrouvèrent à la bagarre avec les Espagnols en fond de finale. Une rageante cinquième place, compte-tenu des conditions dans laquelle elle a été obtenue, qui ont produit des écarts tout à fait prodigieux avec les bateaux de tête. Au terme de presque huit minutes de course qui ont vu ces rameurs renoncer à tout rêve de médaille et qui ont laissé un goût d’inachevé. 

Un déroulement des courses  « au côté caricatural », laissant un goût d’inachevé.

La nouvelle attribution des lignes d’eau n’a laissé « aucune chance de prouver leur valeur aux équipages moins performants lors des courses précédentes, surtout le huit. » En effet les lignes d’eau les moins défavorisées (5 et 6) étant allouées aux favoris, « une protection naturelle » leur était de fait accordée. Olivier Pons réagit au terme de cette journée de finales en déplorant le « côté caricatural du déroulement des courses ». S’il n’est remet pas en cause le règlement FISA, il regrette « des courses courues dans de telles conditions ». « C’est dommage, et un peu tronqué » ajoute-t-il pour constater que de tels écarts entre les équipages sont du jamais vu.

Bilan de ces championnats: « quatorze athlètes en finale, deux bateaux féminins en finale ainsi que le bateau le plus long » et  surtout « la plupart des bateaux qui sont dans les 7, ça prouve qu’ils ont tenté des choses ». continue Olivier Pons.« On retrouve une certaine logique à ce que les trois équipages médaillés aux championnats d’Europe soient les équipages que l’on retrouve ici en finale » explique le chef du secteur jeune. De plus « les deux bateaux qui font quatrième en demi gagnent leur finale B, ce qui prouve qu’ils étaient à la charnière de la finale A et qu’ils sont  bien tombés du mauvais côté. »

La médaille d’argent et le podium de Camille Juillet resteront comme l’un des moments forts du championnat.

Bravo à ces 23 athlètes qui ont porté haut les couleurs françaises lors de ces championnats du monde et dont les performances attestent du travail et de l’abnégation dont ils font preuve au quotidien, appuyés de leurs entraîneurs.

François Bourquin
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