En attendant les JO : Mondiaux juniors d’aviron et test event, deux choses différentes

12 Août 2015

 

Comme chaque année préolympique, les championnats du monde juniors ont servi de test au bassin qui accueillera les Jeux olympiques. Mais chaque événement a son propre fonctionnement et ses propres objectifs.

Il suffisait de regarder la configuration des lieux pour s’apercevoir que les championnats du monde juniors n’étaient pas complètement représentatifs de ce que sera le bassin olympique l’année prochaine pour les Jeux de Rio. “Il faut distinguer les championnats du test event, commente Jean-Christophe Rolland, président de la FISA, ce sont deux choses différentes. Le dispositif sera tout autre pendant les Jeux. Ici, nous avons testé les points clés d’une compétition d’aviron, comme la tour d’arrivée, le balisage, les conditions techniques sur l’eau”. Une nécessité pour que tout soit parfait l’année prochaine. “Cela reste très instructif, poursuit Jean-Christophe Rolland, on a besoin d’un événement pour faire ces essais, et les championnats juniors sont d’un standard idéal pour ça, c’est une très bonne opportunité”. Les juniors seraient donc des cobayes ? Pas du tout, car cela reste un championnat avec des objectifs et des exigences pour lesquelles la FISA ne supporte aucune dérogation. “Si l’on écoute les athlètes et les équipes, c’est une belle réussite, il n’y a eu aucun dysfonctionnement, aucune plainte”. Un souci du détail qui s’accroît à l’approche de la régate olympique, avec un travail énorme encore à accomplir. “Il reste quelques points à résoudre, souligne le président de la FISA, mais nous travaillons avec le comité d’organisation. Nous ne sommes pas là pour exiger, critiquer, mais pour construire ensemble et réussir le rendez-vous des JO, on a la même ambition”.
La FISA va ainsi apporter toute sa connaissance technique au comité d’organisation pour la mise en place et la tenue des Jeux olympiques en 2016. Un rôle qui va changer, avec la mise en place de l’Agenda 2020 voulu par le président du CIO Thomas Bach. “Les fédérations seront alors parties prenantes. L’expertise du sport est dans les fédérations internationales, cela permettra de réduire aussi la complexité et les coûts en raccourcissant la chaîne des intervenants”.
Mais la polémique qui a enflé, particulièrement en dehors du Brésil, est la qualité de l’eau du Lagoa Rodrigo de Freitas où vont se tenir entre autres les épreuves d’aviron. “Il y a une polémique parce que la santé des athlètes est un sujet sensible, commente Jean-Christophe Rolland. Evidemment que le lac est pollué, comme la plupart des plans d’eau à travers le monde. Sa configuration fait qu’il y a des pics de pollution. Le Brésil fait des mesures régulières, nous les avons. Tous les experts que l’on a consultés, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé, concluent que si risque il y a, il n’est pas à un niveau tel que l’on ne puisse pas faire de compétition d’aviron. Autour de ce lac, il y a douze clubs qui pratiquent régulièrement, il y a eu les championnats d’Amérique du Sud. Le risque zéro n’existe pas. Il faut certes être transparent mais créer une panique n’est pas nécessaire”. La FISA a ainsi adopté une position réaliste par rapport aux éléments fournis. “On voit le verre à moitié vide, c’est tellement facile de détruire. Les Brésiliens ont fait des efforts, on se place en donneurs de leçons. Si les JO permettent qu’il y ait des améliorations, tant mieux. Quand on met un bateau à l’eau sur la Saône ou sur la Tamise, on ne fait pas de mesure. Tous les cours d’eau sont pollués”.
Jean-Christophe Rolland préfère retenir le bilan de ces mondiaux juniors comme meilleure image du Lagoa Rodrigo de Freitas : “Nous continuons de travailler, mais les JO seront parfaits, même si en terme d’organisation l’impossible on ne l’atteint jamais. La meilleure réponse, ce sont les athlètes qui ont performé sur l’eau, qui ont vécu un moment extraordinaire”.

Fabrice Petit

Quelques doutes ?
De nombreux médias ont rapporté que des rameurs des équipes américaine, australienne et britannique ont été pris de vomissements et diarrhées pendant la compétition. Toutefois, la fédération américaine a émis un communiqué exposant qu’il serait facile mais irresponsable d’incriminer les eaux du Lagoa pour expliquer ces cas. Répondant à des confrères, le comité d’organisation de Rio 2016 a émis les mêmes conclusions. Pourtant, dans les esprits, le doute subsiste. A qui va profiter le bénéfice du doute ?

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