La genèse du lac du Causse, quand l’artifice dépasse le naturel

5 Juil 2018

 

On vous l’avait présenté l’an passé à l’occasion de la coupe de France. Médias Aviron publie à nouveau sa présentation du lac du Causse corrézien, à la veille des championnats de France J16, J18 et U23.
 
“Confronté à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non pas par la force, mais par la persévérance.” – Confucius
Lac du Causse, lac de Chasteaux ou encore lac du Causse corrézien
Il est étonnant de voir comment l’artifice s’intègre au naturel. Et pourtant, le lac du Causse, une étendue d’eau de plus de 100 hectares, est dû uniquement au fait de l’homme ou plutôt d’un seul : le docteur Louis Muzac, maire de la commune d’Estivals mais aussi président fondateur du syndicat intercommunal causse corrézien.
L’histoire du lac débute dans les années 60, lorsque le syndicat causse corrézien présente un projet de lac artificiel. Au départ, ce projet était une extension du ruisseau le Sorpt. Mais suite à une invasion prolifère de chenille, le maire dut prendre de la hauteur en hélicoptère pour contrer l’invasion des parasites grâce aux pesticides. Avec une vue imprenable sur la commune, il comprit alors que la vallée de la Couze serait plus propice à héberger un lac de cette envergure. En été 1976, “l’année de la sècheresse” se remémore le maire de Lissac sur Couze, Noël Crouzel, la première mise en eau fut entreprise. Aujourd’hui, il est alimenté naturellement par le ruisseau la Couze, qui est un affluent de la Vézère. En cas de trop plein une jolie fleur, sur un des côtés du lac, sert à réduire l’eau stagnante en l’évacuant. 
 
Ces hectares sont entourés de paysages plus verts les uns que les autres. La flore qui pousse sur le calcaire et les forêts du Causse corrézien sont désormais protégés par Natura 2000 comme un site d’importance communautaire. Le but étant de préserver l’environnement qui est le berceau du lac de Chasteaux mais aussi de “créer une idée de lieu” selon M. Bourre, le directeur du service Sport et Jeunesse de Brive.
L’aviron devient une activité permanente sur le lac
Une multitude d’associations organisaient des activités nautiques sur le lac en 1980. L’attraction d’un nouveau terrain de jeu inspira l’agglomération de Brive à se rendre compétitive. Le Club des sports nautiques de Brive fut créé à cet effet afin d’implanter de façon permanente l’aviron sur le bassin corrézien. Dans les années 90, la création des écoles municipales de sport animées par des éducateurs sportifs diplômés va permettre d’instaurer une visibilité du lac au sein des disciplines nautiques. Aujourd’hui, l’agglomération de Brive compte 19 écoles municipales de sport.  
Le syndicat causse corrézien met en place le Plan Aviron dès 1999, en raison des qualités techniques du lac, tout porte à croire que la carte de l’aviron permettra de stimuler les activités tertiaires des communes aux alentours.
Pari plutôt bien réussi puisque le lac du Causse a été retenu au détriment d’Atlanta aux Etats-Unis, dans le cadre du championnat du monde Junior d’aviron en 2009.
En effet, il avait été rapporté à M. Crouzel, que les qualités environnementales et techniques du lac avaient surplombé celles d’Atlanta. Le site serait protégé du vent et posséderait 8 lignes d’eau du champ de course identiques, de quoi rendre une compétition plus équitable. M. Bourre ajoute que plusieurs rameurs avaient été sensibles à la beauté du site.
 
​Championnat du monde Junior de 2009
Le petit cours d’eau s’agrandit et laisse place à ces championnats du monde qui bouleversent la paisibilité habituelle du Causse. Selon un communiqué de presse de la FFSA (ancien nom de la FFA) de 2009, pour répondre aux attentes internationales “des investissements ont été effectués, soit 3 millions d’euros en 10 ans. Ainsi, les participants évolueront sur une étendue de 100 hectares d’eau pour 2 800 mètres de long. Cet espace abrité possède l’ensemble des éléments nécessaires à la bonne tenue de toute compétition d’aviron : ponton avec départ-tenu aux normes internationales, balisage, tour d’arrivée, base nautique, tribunes pour suivre les régates, salle de musculation.”
Toujours selon ce même communiqué de 2009, “le championnat du monde junior a accueilli plus de 60 nations, 700 rameurs et rameuses, 13 catégories de bateaux engagés…” De quoi faire des vagues sur le lac du Causse.
 
Mais l’histoire entre l’aviron et le lac du Causse ne s’arrête pas là. Brive se projette déjà en 2024. Avec Paris qui accueille les Jeux olympiques, les rameurs du monde entier pourront faire un tour au lac du Causse pour s’entraîner dans ce majestueux site de l’aviron.
 
Entre l’artifice et le naturel, Alphonse de Lamartine rappelle dans son poème Le Lac, l’intensité du lien entre les rameurs et ce milieu.
« Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux » 

Ophélie Farissier

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