Le deux sans barreur PL s’offre l’argent

29 Août 2014

 

Soleil et vent. Il n’y a pas un jour qui ressemble à l’autre à Amsterdam, changeant sans arrêt les conditions dans lesquelles les rameurs doivent s’exprimer sur le Bosbaan.

Première course française de la matinée, la finale C du skiff poids léger pour Damien Piqueras. L’Annécien a réalisé une belle course, avec un bon deuxième 1 000, ne descendant pas en dessous de 35 de cadence. “Je n’ai peut-être pas eu de chance, explique-t-il, je suis tombé dans la plus grosse série, le plus gros quart avec le Suisse et l’Australien qui vont en finale A. J’aurais peut-être eu ma place en fin de finale B”. Evoluant jusque là en moins de 23 ans, Damien Piqueras courait pour la première fois en championnat du monde élite. “Ici, il n’y a plus une course que l’on peut lâcher, il faut à chaque fois sortir un gros dernier 500. J’ai eu l’impression de jouer ma vie à chaque fois. Mais c’est le cas dans toutes les disciplines”.
Seconde finale C de la matinée, celle du quatre sans barreur avec Edouard Jonville, Benoît Demey, Thibaut Verhoeven et Matthieu Moinaux. “Ils ont fait une bonne série, commente Daniel Fauché, chef du secteur toute catégorie, ils sont passés un peu à côté en repêchage en manquant leur deuxième 500 et ont fait une très belle course en finale C”. Le quatuor tricolore a en effet remporté la course en 5:48.66, un très bon chrono pour l’équipage. “On a fait un bon départ, détaille Benoît Demey, on est restés dans le groupe de tête sans s’affoler, on arrive à décaler les Tchèques et les Polonais, ça donne le sourire. On finit sur une bonne note”. Le bateau compte en effet des éléments de valeur : Benoît Demey et Thibaut Verhoeven étaient dans le huit la saison dernière, Matthieu Moinaux a été médaillé en deux barré à Chungju et Edouard Jonville, venu cette saison en toute catégorie avec son beau palmarès en poids léger, affichent un certain potentiel. “Ils sont jeunes, conclut Daniel Fauché, mais à deux ans des JO, c’est un résultat très intéressant”.
Reprise des courses pour les Français à 13 h 30 avec la finale B du deux barré. Julien Montet, Cédric Mousnier et leur barreur ont terminé la course à la sixième place, en 7:20.46.
Enjeu suivant pour l’équipe de France, faire rentrer le quatre sans barreur poids léger en finale A. Dans la première demi-finale, les champions du monde en titre danois ont explosé le précédent record du monde, aidés par un fort vent pour. Mais Théophile Onfroy, Franck Solforosi, Guillaume Raineau et Clément Duret ne sont pas venus aux Pays-Bas faire de la figuration. Partis très forts face au bateau australien, les Français ne se sont pas laissés démonter. “Ils sont venus ici pour faire quelque chose, lance Jérôme Déchamp, entraîneur du bateau et responsable du secteur poids léger, il faut qu’ils prennent les choses en main. Les Australiens sont remontés, mais ils ne se sont pas laissés marcher dessus”. Le résultat est là, le quatre sans barreur tricolore termine en tête de sa demi-finale en 5:47.14. “On ne s’est pas affolés, explique Franck Solforosi, on a reproduit ce qu’on savait faire pour aller vite”. Les deux “anciens”, au centre du bateau, sont là pour donner la stabilité au bateau, appliquer le geste fougueux de Théophile Onfroy à la nage. “J’apprécie la dynamique, poursuit Franck Solforosi, j’ia l’impression que notre équipage est soudé, dès qu’on a un problème entre nous on se le dit, il n’y a pas de tabou”. Les deux jeunes du bateau, Théophile Onfroy et Clément Duret, semblent avoir apporter de la fougue à l’embarcation. “Avec Théo on rame ensemble depuis 3 ans, commente Clément Duret, on se connaît bien. Cela fait trois jours qu’on attendait cette demie, et je n’ai encore jamais entendu la Marseillaise”, conclut le Grenoblois réellement fébrile à l’idée de faire retentir l’hymne national sur le bord du Bosbaan.
Première finale A de la journée, celle du quatre sans barreur féminin de Marie Le Nepvou, Noémie Kober, Hélène Lefebvre et Alice Mayne. Le bateau tricolore est parti fort et pointait à la deuxième place aux premiers 500, avant d’être rattrapé par les embarcations américaine et chinoise. Elles ont terminé la course à la quatrième place, en 6:29.14. “Elle ont fait une super course, note leur entraîneur François Meurillon, elles ont fait techniquement ce qu’elles savent faire de mieux, malgré les conditions difficiles. Ca fait plaisir de voir un bateau féminin en finale et qui a joué la course, sans la subir”. Et François Meurillon de conclure que, pour la première fois depuis huit ans, un bateau féminin est entré en finale d’un championnat du monde.
Deuxième finale de la journée, et surtout première médaille avec le deux sans barreur poids léger. A 500 mètres du départ, les Français pointaient deuxièmes derrière la paire anglaise, qui a subi une remontée sans équivoque de la paire suisse. Les Français n’étaient plus que troisièmes aux 1 500, pour finalement terminer avec l’argent autour du cou en 6:25.02. “On n’a pas eu de chance sur le tirage, note Thomas Baroukh, mais on est contents de ne pas être trop loin des Suisses. On savait que ce serait compliqué avec le vent et les conditions climatiques”. Il est vrai que le bassin démonté offrait des conditions dignes par moment de l’aviron de mer. “On a fini par tuer les Anglais, ajoute Augustin Mouterde, mais à l’arrivée on ne connaissait pas le résultat. C’est lorsque l’arbitre nous a appelés au ponton d’honneur qu’on a appris qu’on faisait l’argent”. Même si l’aventure n’est pas la même à deux qu’à quatre, cette médaille d’argent a tout de même une saveur que les deux compères du deux sans barreur ont pu partager sur le podium.

Suite de l’aventure française demain avec, entre autres, la finale du deux de couple poids léger avec Stany Delayre et Jérémie Azou.

Fabrice Petit

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