Le lourd poids de l’argent

30 Août 2014

 

Trois courses au programme aujourd’hui pour la délégation française, mais surtout une nouvelle médaille, au goût amer, pour la délégation française en deux de couple poids léger.

La matinée a commencé, comme c’est devenu habituel sur le Bosbaan, avec le vent pour la finale D du skiff toute catégorie à laquelle participait Benjamin Chabanet. Remplaçant aux championnats d’Europe, puis remplaçant dans le huit pendant la blessure de Dorian Mortelette, le Vichyssois a fait une course pleine, terminant à la troisième place en 7:04.09. “Le skiff c’est une expérience à part, note-t-il, on se serrait les coudes avec Damien Piqueras, on ramait ensemble mais ce n’est pas pesant non plus : même en bateau long avant les courses, j’aime rester un peu seul”. Même s’il espérait faire mieux lors de ces championnats, il n’a pas vraiment de regrets. “J’ai fait toutes mes courses, j’ai la sensation d’être en forme mais si mes chronos me font me poser des questions, mais au niveau international, je n’ai pas vraiment de repères en skiff. En France, on connaît les autres, leur profil”. La suite de son aventure au sein du haut niveau français, Benjamin l’envisage jusqu’en 2016, mais au-delà se poseront d’autres questions, comme privilégier sa vie personnelle et professionnelle où il a l’impression de parfois manquer des choses.
C’est sur un bassin plus qu’agité que s’est ensuite élancée la finale du deux de couple poids léger. Alignés au départ, aux côtés de Stany Delayre et Jérémie Azou, les bateaux sud-africain, norvégien, italien, allemand et néerlandais. Comme à leur habitude, les Français partent fort, pointant en tête aux 500, 1000 et 1500. C’est dans les derniers mètres que tout va se jouer. Alors que les Français sont encore en tête peu avant la ligne d’arrivée, l’embarcation sud-africaine profite de quelques erreurs et des conditions pour passer la pointe en tête. 
Neuf centièmes : c’est le verdict qui tombe après la photo finish ! Pour neuf centièmes de secondes, le duo français se retrouve sur la deuxième marche du podium. Les deux Français semblent sous le coup de l’annonce du palmarès. “A 150 mètres de l’arrivée, on est bien premiers, commente Jérémie Azou, c’est le jeu, j’ai tout fait physiquement, pas grand chose à regretter sauf quelques erreurs, on se fait chahuter, brasser par la vague. La FISA a estimé les lignes équitables, c’est difficile de contredire et on ne peut rien changer. On va s’entraîner dur, et une médaille reste une médaille”. Stany Delayre est encore abasourdi par la course. “J’ai du mal à accepter cette deuxième place, avec le temps je le ferai, c’est le sport. On a fait une bonne course. Va falloir aller de l’avant, ça ira mieux demain”. Quand Jean-Jacques Mulot, le président de la FFA, lance en zone mixte qu’il aurait fallu changer les lignes d’eau, Jérémie Azou répond qu’il ne préfère pas se le dire “La meilleure chose pour nous, c’est qu’on nous laisse digérer. Ce n’est pas nous qui faisons une mauvaise course, c’est eux qui en font une excellente”. Pour l’entraîneur du bateau Alexis Besançon, “C’est forcément une déception, mais c’est le jeu de l’aviron, on n’est pas dans une piscine. Comme je l’avais dit à Londres, la dignité est silencieuse. C’est une petite égratignure du sort de plus, mais on en a connues des pires”.    
Mais lorsque Jean-Jacques Mulot parlait de changement de ligne d’eau, il ne pensait pas si bien dire. Le comité d’équité a jugé opportun de changer les couloirs pour les deux dernières courses de l’après-midi. “C’est une honte de changer les lignes d’eau en cours de session” a commenté Roland Weill, vice-président de la FFA et élu à la FISA. Le directeur technique national, Patrick Ranvier, et le président de la FFA Jean-Jacques Mulot, ont annoncé la rédaction d’une protestation officielle auprès de la fédération internationale à ce propos. Au final, c’est une plainte devant le comité exécutif de la FISA que la Fédération française d’aviron a déposée ; elle sera sans effet sur les résultats d’aujourd’hui, mais incitera peut-être à ce que les bonnes décisions soient prises plus rapidement.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les Sud-Africains n’ont pas volé l’or, ils ne sont en rien responsables des décisions d’un comité d’équité qui a, une fois de plus, démontré sa lenteur à réagir devant des conditions météorologiques clairement défavorables à certains couloirs. Si l’on veut pousser l’analyse plus loin, on pourrait même revenir sur la course en finale B du quatre de couple où l’ordre d’arrivée dénote une certaine étrangeté.

Fabrice Petit

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