Pas de médailles, mais beaucoup d’espoir pour l’avenir

9 Août 2015

 

Les championnats du monde juniors se sont achevés hier, sur le Lagoa Rodrigo de Freitas. Des championnats qui resteront marqués par une impressionnante domination allemande, et une absence de médaille pour les tricolores, mais avec de beaux espoirs pour l’avenir.

La matinée avait démarré par les finales B, avec pour les Français, celle du deux sans barreur féminin de Camille Loisel et Adèle Brosse. Elles ont dominé la course de bout en bout, ne laissant aucune chance à leurs concurrentes d’espérer gagner cette petite finale. A l’arrivée, la paire française affichait une avance de dix secondes sur la deuxième paire. “Elles ont fait une très bonne course, commente leur entraîneur Camille Ribes, elles sont arrivées à se libérer, à prendre du plaisir. Elles ont retrouvé les Italiennes : aux Europe elles étaient dans la même seconde, ici Camille et Adèle leur en mettent dix !”

Le deux sans barreur suivant, celui d’Esteban Catoul et Louis Maupin, n’a pas non plus laissé le doute s’installer. Les deux Français voulaient remporter cette finale B et démontrer leur savoir-faire, ce qu’ils ont fait, avec deux secondes d’avance sur leurs plus proches poursuivants. “C’était leur meilleure course, note Frédéric Perrier, bien maîtrisée techniquement, sereine et facile. Ils ont appris de ces championnats, en développant leur coup d’aviron, long et puissant et en restant concentrés sur leurs objectifs. Il faut aussi souligner le travail de Sébastien Tant qui a été leur premier entraîneur, avant les championnats d’Europe”.

Hugo Quemener et Stanislas Desgrippes n’ont pas connu le même destin. Eux aussi étaient en capacité de remporter cette finale B, ayant défait la plupart des concurrents lors des courses précédentes. Mais deux fausses pelles en début de parcours ont stoppé net leur bateau, et ils n’ont pas pu rattraper leur retard. Ils ont terminé sixièmes de la course. “C’était un bateau charnière entre la finale A et la finale B, précise leur coach Frédéric Perrier, le résultat d’aujourd’hui ne le démontre pas, ils étaient capables de gagner mais les deux fautes techniques les ont arrêtés, et ils n’ont pas pu remonter. Ca fait partie du jeu, tout le monde peut commettre des erreurs, même les meilleurs. Il faut savoir en tirer les enseignements pour ne pas les réitérer, que ce soit utile pour l’avenir”.

Deux concurrents seulement dans la finale B du quatre sans barreur féminin, après le forfait pour raison médicale du bateau australien. Suzy Paquin, Julie Serre, Julie Leclerc et Maya Cornut sont parties très fort, plaçant les adversaires russes rapidement très loin derrière, et ont gagné la course avec vingt-trois secondes d’avance. “On s’attendait à un duel avec les Australiennes, explique Camille Ribes, mais leur forfait pour raison médicale a changé la physionomie des choses. Les Françaises ont pris le pouvoir, elles ont tenté beaucoup de choses tout au long de cette course, craquant un peu sur la fin, mais le travail était fait. Elles gagnent la finale B, c’était leur place. C’est important que maintenant elles rebondissent, que cela leur serve de tremplin pour la suite”.

Vers la fin de la matinée, Loanne Guivarc’h, Anne-Sophie Marzin, Margaux Bailleul et Claire Bové couraient leur grande finale, celle du quatre de couple féminin. Contre elles, on retrouvait la crème de la discipline. Dès le départ, les Allemandes ont pris le commandement, sans que quiconque puisse leur contester, mettant suffisamment d’écart pour être à l’abri de toute attaque. Les Françaises ont bataillé, mais n’ont jamais pu dépasser la quatrième place qu’elles ont conservée sur la ligne d’arrivée. “Il n’y a pas de regrets, note leur entraîneur Patrick Berthou, elles ont fait la course qu’on attendait, les autres étaient plus fortes. Elles sont jeunes et ont vu ce que c’était que des championnats du monde, mais elles ont de l’avenir ; elles sont courageuses, déterminées et donnent tout ce qu’elles ont”.

Olivier Pons, le chef de secteur juniors, affichait une grande déception pour ses rameuses et rameurs. “On espérait mieux pour nos athlètes, on aurait bien sûr aimé avoir plus de bateaux en finales, remporter une ou deux médailles. Mais je n’ai rien à reprocher à leur reprocher, ils se sont tous investis, depuis le stage terminal où tout s’est bien passé, et ici. Par rapport aux Europe, tous les bateaux ont progressé. Mais le niveau mondial est de plus en plus dense. Mais prendre des repères n’est pas évident, et notre réservoir n’est pas important. Notre organisation, entre le système scolaire et les capacités des clubs, ne nous aide pas par rapport à d’autres nations où les jeunes s’entraînent deux fois par jour. Le haut niveau ne s’improvise plus du tout, même chez les juniors”.

Le directeur technique national Patrick Ranvier, qui partage ce constat, n’y voit cependant pas une explication au bilan de l’équipe de France à Rio. “Je ne vais pas me cacher derrière ça pour expliquer notre bilan ici qui n’est pas bon. C’est la première fois depuis longtemps que l’on repart d’un championnat du monde junior sans médaille. Nous avions fait le choix d’une petite délégation car on pensait ne pas pouvoir envoyer plus de bateaux, ça se confirme en pire. Nos sportifs se sont bien comportés, avec un manque de métier à certaines phases décisives. Les finales B sont positives ; j’ai un regret pour le deux de couple qui a manqué ces championnats. Le quatre de couple féminin reste la plus belle performance de ces championnats qui mérite d’être mise en avant. C’est un bateau très jeune, avec des petits gabarits, qui a tenté avec détermination et réalise une belle quatrième place”.

La nation qui a tiré son épingle du jeu est sans conteste l’Allemagne. Venue au Brésil avec une délégation complète (treize bateaux), l’équipe allemande les a tous placés en finales A ; cinq ont remporté l’or, quatre l’argent et deux le bronze. Un très beau taux de réussite, loin devant l’Italie qui totalise tout de même cinq médailles.

Avec une bonne moitié de juniors première année cette saison, l’équipe de France junior possède déjà de bonnes bases pour la saison prochaine.

Fabrice Petit

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