Retour sur un million de mètres en aviron indoor

8 Oct 2015

 

Les 3e « 24 heures de l’Hourdin » organisées par le club de Plédéliac (22) ont eu lieu les 25 et 26 septembre. Ce challenge aussi sportif que généreux vient soutenir l’action de l’association CLOE en faveur des enfants handicapés. Cette année, Vincent Hourdin a donné un autre dimension à l’évènement : battre le record du monde des 1000kms de rameur indoor.
 
Quelle préparation ?
Le projet a muri 2 ans. Se sentant prêt psychologiquement, V Hourdin a réellement débuté sa préparation pour les 1000km trois mois avant à raison d’un entraînement par jour en semaine et deux par jour le week-end. Les entraînements se sont fait principalement sur ergomètre monté sur slides, moins traumatisant pour les articulations. « En terme de vitesse, je me suis imposé de rester aux alentours de 2:20 au 500m. Vraiment pas évident au début, puis en fin de préparation, les quelques entraînements qu’ils restaient se sont fait à 2:30 pour s’habituer à ramer à l’économie et ne pas se trouver le jour J à ne pas pouvoir ralentir et se fatiguer inutilement. Comme pour les 24h, j’ai ralenti le rythme sur les 2 dernières semaines pour prévenir la lassitude de l’ergomètre. Dans cette optique, les entraînements des 2 dernières semaines se sont fait à vélo. » confie Vincent
Pour terminer son périple pendant les 24 heures, il décide de prendre le départ une semaine avant, c’est à dire le 19 septembre à 20h.
 
Coté organisation
La logistique pour ce type de performance est extrêmement importante. La Station Sport Nature de Jugon-les-Lacs a mis à disposition une salle où il est resté toute la semaine, entouré de Kevin et Aymeric, deux copains grâce à il a pu réussir ce défi. «  Je les en remercie grandement. Ils m’ont permis de perdre le moins de temps possible sur tout ce qui concerne la logistique et les phases de récupérations. (Repas, massage, entretien…) » . Et comme le monde de la rame est une famille,  Etienne Deleau, détenteur du record sur 1000km a conseillé Vincent. L’équipe n’a rejoint Plédéliac que le vendredi soir pour intégrer les « 24 heures de l’Hourdin ».
 
Gestion de la course
 
Prévisionnel
Le plan de course initial était simple : cycles de 4h (3 fois 50min à ramer et 10 min de pause puis  30 min à ramer et 30 min de pause), ramer de 5h du matin à 1h du matin, vitesse de croisière envisagée : au alentour des 3:00/500m. Bien entendu le plan initial à été modifié en cours de route. .
 
J1
Le départ a été donné à 20h09. « Les premiers cycles s’enchaînent, la motivation est là » se souvient Vincent. Comme prévu il ne dors pas la première nuit. Les 24h sont passées, et 188km de parcourus. Les soirs seront une étape très difficile a gérer. « Je rame jusqu’à 23h30, mais impossible de continuer, je suis trop fatigué. Je vais me coucher en ne sachant pas trop comment je me lèverais le lendemain. Du coup, difficile de s’endormir, beaucoup de questions trottent dans la tête. ». Sans le savoir, ce qui à été fait sur cette première journée sera répété durant toute la semaine.
 
J2
Le dos commence à tirer, et les massages vont faire du bien. Le groupe initie un rituel du soir :
aller mettre les jambes dans l’eau froide de l’étang pour aider à la récupération. La journée se fini avec 151km au compteur de plus. Le soir, un nouveau rituel se met en place pour le retour au calme :Douche, massage, étirements et chocolat au lait chaud et dodo ! 
 
J3
Le 3e  jour sera le plus difficile. Une douleur apparaît au genou gauche. Un strap justement posé sera très efficace pour soulager la douleur. Pour se 3e jour 146km seront parcourus et les collègues de Dynalec où travail Vincent viennent en début de soirée ramer avec Vincent.
 
J4
Ce 4e jour sera comme une renaissance. Les 500km sont passés, plus que le retour maintenant. « Étonnamment, j’arrive à pousser plus fort. Je m’étonne moi-même » plaisante Vincent.147km pour ce 4e jour. « La différence est très faible. Mais au niveau mental, ça joue beaucoup. La fatigue commence à bien se faire sentir. Lors de mes pauses j’arrive à m’endormir en un claquement de doigt. »
 
J5
Dernier jour complet avant de rejoindre les 24h à Plédéliac. Cette soirée sera la plus dure depuis le début de la semaine. Presque 152km de plus au compteur.
 
J6
Dernier réveil. La journée sera très longue. A 15H30 Vincent, Kevin et Aymeric profitent de la pause et migrent à Plédéliac (le lieu des 24h). 40min plus tard c’est reparti. 20h arrive : la fin de la 6e journée. 145km pour ce 6e jour..
 
J7
C’est la fin. Plus que 70km, c’est rien. Il continue sur le même rythme ne sachant pas trop jusqu’à quand il pourra tenir. L’ambiance dans la salle est à son comble. 0H30, une dernière pause de 30min. Étonnement la vitesse se maintient aux alentours des 2:30, 2:35. Il est environ 4h du matin quand débute  la dernière séquence. Plus que 6213m à parcourir. « Je me lance, c’est parti. Sur cette dernière, je ne me rend même pas compte que je ne me suis pas arrêté pour boire. Il reste 2min, je me permet d’accélérer un peu, je repasse sous les 2:20. Les 30 dernières secondes je lâche les chevaux. J’arrive péniblement à passer sous les 2:00. 4H39 :  le compteur affiche 0m. Ça y est. Je l’ai fait. On l’a fait. 1000Km parcourus. ». Pareil à lui-même, sobre et discret, le héro n’exulte pas. Il ne réalise sans doute pas encore. Et 5 jours après, il ne réalise toujours pas. Tout ceux qui étaient couchés se sont levés pour voir l’arrivée. Le verdict tombe : 6 jours, 8h et 30 min. C’est à dire plus de 14h de mieux que le précédent record d’Etienne Deleau.
 
Principales difficultés
Il a fallu gérer plusieurs aspects. Tout d’abord le moral. Les 2e et 3e jours ont été très difficiles. Beaucoup de doutes. « Est ce que je vais arriver au bout ? Pourquoi je me suis lancé là-dedans ? »
Le soir était un moment critique, la fatigue venant, les doutes viennent avec.
Mais le moral revient grâce aux visites. On ne le fait pas pour soi, on le fait pour les autres, pour ne pas décevoir.
Ensuite le physique. Le premier point difficile a été les genoux, mais grâce à un strap approprié, cela s’est plutôt bien passé. L’autre soucis a été la contraction du dos. Les mains de fée de Kévin ont permis de dénouer tout ça. Sinon dernier point difficile : les fesses. Cela s’est plutôt bien passé, à part les dernières heures. Le fessier n’en voulait plus.
L’aspect nutritif qui faisait très peur à Vincent est passé sans accroc.
 
Bilan
« Je n’ai toujours pas réalisé ce que je viens de faire. Je crois que je ne réaliserais jamais.
En tout cas, je suis fier d’avoir pu fédérer le club autour d’un projet. Beaucoup de personnes m’ont encouragé durant cette semaine. Que ce soit physiquement ou via les réseaux sociaux. Ils ont été très importants, et m’ont permis de passer les moments difficiles. Ce fut une semaine très éprouvante physiquement et surtout mentalement. Il fallait être constamment l’œil sur la montre. Perdre le moins de temps possible. Mais au final, on y arrive. On se découvre un potentiel dont on ignorait l’existence. »
 
« Quand on veut, on peut »
 
Seul à ramer mais un défi collectif – remerciement de Vincent :
« J’étais seul sur l’ergo. Mais pas seul pour le faire. Si j’avais été seul je n’aurais certainement pas réussi.
Tout d’abord je remercie mes deux amis Aymeric et Kévin en particulier pour la logistique générale, les repas , les réseaux sociaux et Kévin pour les massages.
Je remercie également mes parents pour leur soutien sans faille et pour la préparation des repas.
Je remercie mon entreprise Dynalec qui s’est associée à mon projet. Merci aussi à mes collègues qui sont venus ramer avec moi le soir (le moment le plus difficile).
Je remercie également mon club, les Avirons d’Armor, qui m’a soutenu dans ce projet jusqu’à mon arrivée à 4H39.
Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu de près ou de loin.
Merci à tous.
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » 
 
Franck Gille

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