Six médailles, et de belles perspectives pour 2015

2 Juin 2015

 

Ce dimanche à Poznan (Pologne), l’équipe de France a récolté une belle moisson de médailles : deux en or, et quatre en argent. Un beau démarrage pour la saison internationale qui ne fait que commencer. Treize bateaux envoyés aux championnats d’Europe, neuf en finales A, six médailles. Un bilan historique, des propres mots du Directeur technique national Patrick Ranvier. Retour sur les courses qui ont vu des tricolores repartir avec l’or ou l’argent autour du cou.

La première course de la matinée des finales A fut celle du deux sans barreur poids léger. A bord du bateau le Lyonnais Augustin Mouterde, associé au Verdunois Théophile Onfroy. Associés depuis le début de saison, ils ont pu s’entraîner ensemble seulement à l’occasion des stages, et plus longuement entre les championnats de zone et Cazaubon. Alors que depuis les bateaux courts, les deux rameurs n’étaient pas très contents de leurs performances, ils ont su redresser la barre et se qualifier brillamment pour la grande finale. Face à eux une paire britannique plus que décidée à l’emporter. “On est partis derrière eux, dans le paquet, commente Augustin Mouterde, on a attaqué après le premier 500, ensuite ça a été une suite d’attaques et de contres. Il n’a pas manqué grand chose, mais on n’a eu aucune incertitude à l’arrivée, on était deuxièmes”. C’est tout de même l’argent que les deux jeunes Français ont décroché en Pologne. Dans le bateau, Augustin apporte l’assurance, pose les choses, tandis que Théophile apporte la folie et la puissance physique. “On est très content de cette médaille, poursuit Augustin Mouterde, la prochaine étape dépendra de ce qui sera décidé au niveau de la création d’un huit poids léger ou pas”.

Seconde finale A pour les Français dans la matinée, celle du skiff poids léger. Pierre Houin, qui a remporté course après course sur le bassin polonais, a une nouvelle fois fait preuve d’une maîtrise irréfutable. “J’ai abordé la course sans pression, explique Pierre Houin, j’étais content d’être à ce niveau de la compétition. Je suis parti fort en pôle position dès le début. J’ai joué avec mes atouts ; une fois devant, j’en ai profité pour m’appliquer sur la technique, la glisse. Je savais qu’il faudrait rentrer fort dans le dernier 500, et malgré le bassin agité, je m’en suis bien sorti techniquement”. L’or et une première Marseillaise pour Pierre Houin qui réalisait là sa première compétition chez les A. “C’est un moment spécial, émouvant, surtout que rien n’est acquis d’avance, ça met la larme à l’œil. Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour, surtout en skiff”. Ce première médaille valide pour lui la première partie de la saison internationale, qui va se poursuivre à Varèse, toujours en skiff, et se poursuivre par le stage terminal des mondiaux U23, toujours en skiff. Ensuite viendra le tour d’Aiguebelette, soit en skiff, soit en quatre de couple si le projet est validé au niveau fédéral.

Troisième course primée pour les Français, celle du deux sans barreur TC, avec Germain Chardin et Dorian Mortelette. Les deux tricolores sont revenus cette saison dans leur embarcation de prédilection, qui leur a valu une médaille d’argent aux JO de Londres en 2012, après une saison en huit. Mais la victoire sera britannique là aussi, comme chez les poids légers. “Nous n’avions plus été médaillés européens depuis 2009. A l’époque, nous étions dans le huit, raconte Dorian Mortelette. Une médaille reste une satisfaction. Disons que je suis moyennement satisfait”. Et pourtant, cette médaille d’argent vient récompenser un retour dans ce bateau, deux ans après la médaille du même métal en Corée du Sud aux championnats du monde. Mais l’objectif pour les deux pensionnaires du pôle de Nancy, en deux sans barreur, reste sans aucun doute d’aller chercher à la “maison” à Aiguebelette, les deux maîtres jusqu’à présent intouchables de la discipline, les Néo-Zélandais Murray et Bond.

Finale A suivante, on retourne chez les poids légers avec le deux de couple de Jérémie Azou et Stany Delayre. “Jamais deux sans trois”, pourrait-on dire… C’est ce qui s’est passé sur le bassin de Poznan puisque le duo tricolore s’est à nouveau offert l’or avec, au passage, un record d’Europe en 6:11.38. “Il y avait un peu de pression avant la course, on savait que les Anglai étaient plutôt en jambes, commente Jérémie Azou, mais avec Alexis Besançon on a clarifié certains points, de faire des choses techniques simples, faire ramer l’autre. Mais c’était une course très dure, je ne pensais pas que les Anglais nous accrocheraient autant”. Ce qui n’a pas empêché le duo d’appliquer les recettes qui lui valent sa réussite. Un troisième titre européen d’affilée, un beau moment que Jérémie Azou et son coéquipier ont été heureux de vivre ensemble. “La passe de trois, c’est énorme, poursuit l’Avignonnais, il manquait quelques gros bateaux mais ça n’enlève rien à la saveur de cette médaille”. Ce qu’il retient surtout, c’est la complète réussite du groupe hommes PL. “Humainement c’était beau”. Jérémie Azou et Stany Delayre vont prendre la route de Varèse, où ils retrouveront les gros concurrents qui ont fait défaut ce week-end, ainsi que les Américains et les Néo-Zélandais qui font généralement leur apparition à ce moment de la saison.

Finale A suivante, celle du deux de couple avec un nouveau duo, essayé lors de la régate internationale qui avait précédé l’étape de coupe du monde à Bled début mai : Matthieu Androdias et Hugo Boucheron, respectivement champion et vice-champion de France en skiff. Après quelques frayeurs en demi-finale, les deux rameurs ont fait preuve d’une belle ténacité, terminant deuxièmes avec l’argent autour du cou, à moins de deux secondes du bateau allemand et loin devant la concurrence. “On était tendus, commente Matthieu Androdias, on s’est mis la pression tout seuls. On n’avait pas été très bon en demi-finale, on savait qu’on jouait notre saison en double, mais on s’est complètement libérés sur la course”. Un bateau tout neuf avec une belle marge de progression, et qui a fait oublier à Matthieu Androdias ses envies de partir en skiff, comme il l’avait laissé entendre à l’issue des bateaux courts. “Le double me plaît aussi parce qu’il se rapproche du skiff, surtout à la nage où j’en retrouve les sensations”. Pour continuer à avancer, reste aux deux hommes à mieux se connaître. “On en est au début, note Matthieu, je commence à connaître l’athlète et l’homme, mais en tous cas, à notre première sortie en bateau, il y a quelque chose qui s’est passé, que je n’avais pas ressenti avant. Plus on se connaîtra, plus la performance sera aboutie”.

Dernière médaille de la matinée pour les bateaux français, celle du quatre sans barreur poids léger. C’est le bronze qui était revenu à l’embarcation tricolore lors des deux dernières éditions des championnats d’Europe. Franck Solforosi, Guillaume Raineau, Thomas Baroukh et Thibault Colard ont pris le cran qui faisait cruellement défaut à ce quatre sans barreur, qui avait terminé au pied du podium en juillet dernier à Lucerne et aux championnats du monde d’Amsterdam. “C’était notre première course ensemble avec un gros enjeu, précise Franck Solforosi, on était assez scolaires sur la série et en demi-finale, mais on a su se lâcher à 200% sur la finale. On avait à cœur de partir fort, on a pris le cran nécessaire ; on a fait l’effort pour être devant, de manière naturelle”. Et le résultat est là : l’argent européen. Franck Solforosi a toutefois senti une baisse de régime du bateau à la mi-course ; une piste pour faire évoluer encore la performance. “Il faut qu’on parvienne à garder notre rythme, mais sans se fatiguer, que ça devienne un rythme économique, dynamique mais léger que l’on puisse effectuer des relances sans trop se griller. On en a fait sur la course mais trop à l’énergie”. Une tactique à conserver et valider pour les prochaines compétitions. Prochaine étape pour le quatre sans barreur poids léger, Varèse, avec un départ en stage de préparation trois jours après les championnats de France bateaux longs.

“Le groupe France a bien fonctionné durant ce week-end, commente Jérôme Déchamp, responsable du secteur poids léger, il y a eu une bonne ambiance dans tous les groupes”. Un chef de secteur heureux puisque, sur quatre bateaux engagés, tous ont décroché une médaille, dont deux titres de champion d’Europe. “On a eu ce qu’on était venus chercher, un premier jalon sur cette première sortie internationale. On a pu travailler sur les fondamentaux, la régularité sur les courses fut très intéressante, témoin du travail hivernal. Ce que je retiens aussi, c’est que chaque bateau poids léger a pris sa course avec le niveau d’engagement d’une finale, en imposant son rythme, avec régularité et panache ! Mon seul message : continuer avec la rigueur qui est la leur, tenir le cap et rester au diapason, dans cette même synergie”.

Prochain rendez-vous international la deuxième étape de coupe du monde à Varèse (Italie) du 18 au 21 juin.

Fabrice Petit

Crédit photos : Daniel Blin-FFA

En lire plus ?

Voici des articles qui pourraient vous intéresser

Cazaubon 2019 : des leaders bousculés ou détrônés

Cazaubon 2019 : des leaders bousculés ou détrônés

Lire l'article
Cazaubon 2019 : les favoris au rendez-vous de l’Uby

Cazaubon 2019 : les favoris au rendez-vous de l’Uby

Lire l'article
france-bateau-court

France bateaux courts : le week-end gersois de l’aviron français

Lire l'article

Nous avons des formules pour tous les goûts

Découvrez nos différentes formules d’abonnement

 

ABONNEMENT 
100% NUMÉRIQUE
15,99€/an

Les 4 numéros de l’année en version numérique

Un accès au 4 dernier numéros (offert)

Accès illimité aux articles du site

EN SAVOIR PLUS

ABONNEMENT 
PAPIER + NUMÉRIQUE
29€/an

Réception trimestrielle du magazine chez vous.

4 numéros au total + hors série

Abonnement numérique

EN SAVOIR PLUS

ABONNEMENT  (2 ANS)
PAPIER + NUMÉRIQUE
49€/2ans

Réception trimestrielle du magazine chez vous.

8 numéros au total + hors série

Abonnement numérique

EN SAVOIR PLUS