Yvan Deslavière, le dessous des cartes de sa fin de mission

28 Sep 2015

 


La Fédération française d’aviron a annoncé par communiqué de presse la semaine dernière avoir mis fin aux missions d’Yvan Deslavière en tant que chef de secteur du groupe hommes toutes catégories, suite à une décision du bureau fédéral, contraire à la proposition du directeur technique national Patrick Ranvier. L’ancien entraîneur du huit tricolore revient pour nous sur ces instants qui scellent l’organisation du groupe HTC jusqu’aux championnats de France bateaux courts.

Yvan Deslavière avait, à l’issue des championnats du monde d’Aiguebelette, proposé sa démission au DTN Patrick Ranvier. Ce dernier avait alors annoncé ne pas y être favorable. “J’ai fait ce que j’avais dit aux rameurs, explique Yvan Deslavière, si le huit n’était pas qualifié. Au vu des résultats bruts, il était normal de faire ce que j’avais dit”. Depuis, le DTN et son chef de secteur se sont rencontrés à plusieurs reprises, pour débriefer sur les raisons des résultats du groupe. “Je me suis expliqué sur mon ressenti, notamment sur ma position de chef de secteur dont je voulais pas forcément au départ. Le DTN m’a dit qu’il voulait me conserver sur cette mission. Sur le huit, cela n’a pas marché, mais le groupe est bon, nous avons su créer les rapports humains, vivre sur les valeurs ; il voulait que je reste pour remettre tout cela à plat”. Yvan Deslavière était prêt à repartir pour une année, qui va s’avérer cruciale avec la régate de qualification olympique en mai, pour aller au bout et apporter un aspect carré au fonctionnement du secteur, sans tricher avec les rameurs sur les aspects sportifs de l’année ni repartir dans une guerre de tranchées. Son projet était de concentrer les coupleux à se battre pour se qualifier dans le deux de couple, et les pointus dans le deux sans barreur, les deux seules coques ayant actuellement leur ticket pour Rio, sans s’avancer sur les bateaux qui seront présentés à Lucerne pour gagner une place aux JO. “Les rameurs calculent tout à l’avance, poursuit Yvan Deslavière, ils se sont mis avec nous dans cette situation. Il faut arrêter de se comporter comme des pachas et, après les bateaux courts, en fonction du niveau, voir quels seront les bateaux qualifiables et susceptibles d’être performants à Rio”. Le samedi précédent l’annonce de la FFA, le comité directeur a entendu le bilan des différents chefs de secteur. “Ils ont apprécié mon exposé qu’ils ont qualifié de limpide, lucide et franc ; cela m’a surpris malgré le bilan très négatif, car il n’y avait rien de positif pour aucun bateau, même le double ou le deux sans, hormis pour le huit avec la naissance d’un groupe qui n’a ni implosé ni explosé malgré les résultats”. Yvan Deslavière a également rappelé des éléments de contexte : un groupe à l’automne 2014 qui s’avérait abimé, avec des athlètes qui ont souhaité sortir du projet. “Certains sont restés à l’époque car leur détachement professionnel et leurs aides fédérales étaient dans la balance, je n’avais pas à faire à des athlètes de haut niveau mais à des fonctionnaires de haut niveau”. Des propos forts mais qui symbolisent bien l’état d’esprit que certains rameurs ne cachaient même pas, ces derniers sachant pertinemment qu’en cas d’échec du huit, leur performance individuelle les conduirait vers une autre embarcation. “Beaucoup d’athlètes pensaient détenir des certitudes quant à leur réussite à Aiguebelette dans tel ou tel bateau. Le verdict du terrain est tout autre car aucun athlète n’a fait mieux qu’en 2014 ! Quand ça ne marche pas, on est sous le feu de la critique, et c’est bien normal, il le faut”.
Quant à l’échec du huit, Yvan Deslavière continue à penser que ce n’est pas une question de temps. “On a manqué d’engagement à 200% de la part des athlètes, certains y croyaient depuis le début, ont fait des choix de vie en conséquence, on a manqué de plus de personnes comme ça. A chaque étape, il fallait tirer les rameurs vers le projet collectif, pour qu’ils y restent”. La valeur individuelle n’est pas non plus un problème pour l’ancien chef de secteur : “Il faut être dur sur le bilan, mais il ne faut pas dire qu’on n’a pas le niveau, on a du potentiel ; il va falloir se remettre au travail, que les rameurs se comportent comme des athlètes de haut niveau, qu’ils parlent moins et arrêtent de regarder le voisin”. L’exemple tout trouvé pour lui : Jérémie Azou. “Il travaille et y trouve un équilibre, il ne demande pas un détachement à 100% ; c’est un véritable athlète de haut niveau, qui croit dans ce qu’il fait et se donne les moyens d’atteindre ses objectifs et est capable de se mettre dans des états comme celui à la fin de sa finale A. On devrait tous être capable, quel que soit son niveau en aviron, d’un tel dépassement, c’est une base”.
A l’heure actuelle, le groupe HTC est placé sous la tutelle directe de la Direction technique nationale. Et Yvan Deslavière d’en appeler au respect des valeurs de l’aviron. “On les véhicule et on les applique dans les clubs, mais cela devrait être fait à tous les niveaux”.

Fabrice Petit

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