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Portrait : Margot Boulet, entre GIGN et aviron

15 Mar 2021

 

Natation, GIGN, aviron. Trois mots qui retracent le parcours de cette jeune athlète paralympique. Trois mots qui pourtant ne résument en rien Margot Boulet, sa personnalité, son courage, notamment face à l’accident. Nous vous proposons une rencontre exceptionnelle avec une jeune femme pleine d’ambition.

Photo Margot Boulet

Margot Boulet a un parcours atypique. Aujourd’hui rameuse, elle est tour à tour, nageuse, militaire et rameuse. La jeune Provinoise détient le record de France ergomètre en 7’34’6 chez les PR3. En lice pour les JO de Tokyo, tout n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

À la base, Margot pratiquait la natation depuis toute petite, à Provins. Une sportive de haut niveau déjà et médaillée en prime aux France ! La jeune nageuse entre à la Gendarmerie en 2012. Elle intègre le régiment de cavalerie à Vincennes, avec un objectif : rentrer au GIGN.

Beaucoup d’entrainements

« C’était un investissement personnel. J’ai travaillé mon endurance en course à pied. Souvent lestée pour pouvoir supporter l’équipement. Je m’étais inscrite dans un club de boxe aussi. » Grâce à un mental d’acier et des pompes, le GIGN n’est pas un mythe !, Margot Boulet réussit le concours du premier coup. « Ça a été long et difficile, tempère-t-elle, des fois on se demande ce que l’on fait là quand on est sale, dans la boue et le froid. Il faut tenir. » Victorieuse, Margot Boulet intègre la formation du GIGN. Pourtant une chute va tout faire basculer

L’Accident de parachute

Lors d’un stage de parachutisme à Pau, Margot se blesse très grièvement. C’était en mars 2017. « J’avais 26 ans. J’ai fait une mauvaise chute. Dos et jambes paralysés. Je ne sentais plus rien, et là tout s’effondre. » Margot a des vertèbres fracturées, la cheville détruite et de multiples commotions. « J’ai récupéré l’usage de mes jambes petit à petit. C’est la cheville qui a posé le plus de problème. » L’instant est dur à avaler, après tant d’efforts tout s’arrête. Le GIGN, le sport et la natation, toute la vie de la jeune femme.

Car les séquelles sont bien là. Margot a retrouvé l’usage de ses jambes, pourtant difficile pour elle de rester assise. La battante doit arrêter de travailler dans l’administration du GIGN. Plusieurs fois opérée, une prothèse est venue remplacer sa cheville.

« J’ai fait plusieurs mois de fauteuil, j’ai perdu toute ma masse musculaire. C’était très dur psychologiquement. J’avais un très bon niveau lors de mes tests au GIGN. » Margot Boulet rêvait alors de sport en compétition scotchée dans son fauteuil. S’en sortir est devenu son obsession. Grâce à un moral d’acier et ses proches, elle a pu rebondir. Dès la saison 2018-2019, elle reprend une licence de natation ! Un sacré tempérament. Les gens disent que « je sublime mon handicap et mes séquelles ».

De nageuse à rameuse

Sa transition pour l’aviron s’est faite par hasard. Ses parents s’occupent du club de Nogent-sur-Seine. Margot Boulet encadrait parfois les groupes de jeunes, elle n’imaginait pas changer de sport. Pourtant, une rencontre avec Yannick Schulte, le chef de secteur des équipes juniors, va tout changer. En novembre 2019, une place se libère dans le 4 barré PR3. Le cadre de la fédération lui propose la place. « Je voulais bien essayer. C’était un beau challenge ! Mais je n’étais jamais monté en bateau » rigole encore le jeune femme en rééducation.

Margot Boulet sur l’ergomètre

« Ils m’ont proposé de venir sur le stage de décembre à Vaires avec les para. Ça commençait avec le test ergo début décembre. Je ne savais pas ce que c’était et surtout, je ne savais pas ramer. » Une belle entrée en matière, et un beau chrono : 7’48, pour un record de France en 7’45. Physiquement, Margot Boulet fait plus que l’affaire ! Le tout est d’apprendre à ramer en 7 à 8 mois pour être opérationnelle pour les Jeux, qui étaient encore prévus en 2020.

Le constat est sans appel : « ça m’a sorti de la rééducation. J’ai bien accroché. J’ai eu quelques petites blessures (tendinites, douleurs…) avec le changement de sport. Donc j’ai eu un programme adapté mi temps natation et aviron. »

Ses premières sensations sont mouvementées. A Vaires-sur-Marne, en décembre, il y a du vent et il fait froid. Pas terrible pour débuter ! Pourtant découvrir un nouveau sport et de nouveaux challenges enchante la sportive. Une grande marge de progression s’ouvre à elle, et aussi un nouveau départ, en para cette fois.

Pendant les confinements, Margot Boulet a peaufiné sa technique à l’ergo. Le report des JO lui laisse plus de temps pour se préparer et parfaire le geste. Elle intègre le 4 barré sans tracas. Elle est même passée à la nage depuis décembre dernier. « Ce que je veux c’est que le bateau soit compétitif » explique-t-elle.

Palmarès d’une rameuse en devenir

Lors des Championnats de France indoor, Margot Boulet s’attribue le nouveau record de France en PR3 avec 7’34 sur 2000m. Les entrainements payent et la technique aussi. Pour les mondiaux d’ergomètre le 23 février dernier, elle fait encore descendre le chrono : 7’31’6.

Podium Poznan 2020

Tout autant de réussite en bateau. A Poznan, en 2020, le 4 barré termine médaillé de bronze. Dorénavant, concentration sur les championnats d’Europe de Varese. « J’ai beaucoup entendu parler des Anglais chez les PR3 , je n’ai pas spécialement peur, alors peut-être que je suis insouciante. On va essayer d’aller chercher les Ukrainiens, une seconde devant nous à Poznan, et puis les Italiens pourquoi pas. »

Margot Boulet, une forte obsession pour le sport, du courage et de la volonté. La rameuse devrait s’envoler pour Tokyo cet été. Ses premiers Jeux. « Je n’ai pas forcément la déception ou la nostalgie de ce que devraient être des JO normaux. Je ne me projette pas trop sur la compétition elle-même encore, chaque chose en son temps! » conclut la rameuse tricolore.

Thomas Prongué

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