Benoît Brunet : « la qualif’ sinon rien »

» Benoît Brunet : « la qualif’ sinon rien »

Il en a connu des projets, il en a vu des bassins… Il a frôlé la qualification olympique à deux reprises. Jamais deux sans trois, cette fois-ci sera la dernière et c’est la bonne !

Le quatre sans barreur tricolore a validé aujourd’hui son ticket pour Paris. A bord, quatre hommes qui, il y a quelques mois encore, se connaissaient peu, mais dont la cohésion a permis d’arriver à ce résultat. L’aviron français n’avais pas qualifié cette coque directement aux mondiaux depuis 2007.

Parmi eux, un « papa » comme on dit parfois. Papa, il l’est réellement de deux jumeaux âgés de 5 ans. Il l’est aussi des trois autres jeunes rameurs avec qui il rame pour emmener cette coque dans laquelle il est monté cette saison.

Benoît Brunet est pragmatique. Avant d’arriver à Belgrade pour ces championnats du monde, au terme d’un stage de préparation constructif et productif, il avançait déjà quelques cartes et avis sur ce qu’allait être cette compétition : « sur tous les chronos de fin de stage, on répond présents. On est plus en forme que sur la deuxième partie de la saison, après un creux à la sortie des Europe. Cette saison est longue, mais on a rencontré tout le monde, il n’y aura pas de bateau surprise ».

Ce quatre sans barreur masculin est un projet mis en place par le consultant de la haute performance, Jürgen Gröbler, et de sa méthode que les Bleus appliquent depuis son arrivée après le Jeux de Tokyo. Du bateau de Racice, en 2022, il ne reste que Téo Rayet et Thibaud Turlan. Benoît Brunet était quant à lui dans le quatre de couple… lui qui a toujours été un pointu. Un projet qui avançait dans le bon sens, mais dont certains ont préféré s’écarter, remettant en cause l’existence du projet. Le Saint-Quentinois se retrouve alors sans bateau, mais comme le disait le DTN Sébastien Vieilledent à l’époque, « on ne peut pas laisser un rameur tel que lui sur le carreau ». C’est donc tout logiquement qu’on lui propose de laisser une rame et de repasser en pointe. Les tests d’appairage se font sur plusieurs semaines, et c’est avec Téo Rayet que les choses se font. Et plutôt bien : « j’y suis allé avec beaucoup de respect, explique le Bergeracois, je me suis dit que j’étais chanceux de partir avec Benoît, que ce serait beau de le faire avec lui. Il m’a apporté beaucoup de feeling en bateau, se concentrer sur la glisse du bateau. J’ai pris un gros cran cette année techniquement, j’ai cassé les idées que j’avais sur ma technique ».

Le quatre sans barreur, un bateau que Benoît Brunet connaît par cœur. Il était remplaçant aux mondiaux de Karapiro : il avait alors 19 ans. Deux ans plus tard, il fait partie de l’équipage qui tente de la qualifier pour les Jeux de Londres. En 2013, il s’inscrit dans l’expérience du huit, jusqu’en 2017 où il repart en quatre, après un passage en deux barré aux mondiaux non-olympiques de Rotterdam en 2016. « J’ai beaucoup appris de ce bateau-là, j’apporte de l’expérience ». L’équipage actuel lui inspire de la bienveillance : « dès le début de l’année, on savait qu’il y avait beaucoup de puissance, dans un bassin comme aujourd’hui, ça sert d’avoir des watts dans le bateau ».

Et ça a servi : troisième sur la ligne d’arrivée, la coque remporte son ticket pour Paris 2024. Un bateau dont les performances ont été stables tout au long de la saison, avec une médaille européenne à Bled au printemps. Un bateau dont le maître mot est partagé avec l’entraîneur Bastien Tabourier : la confiance. « les mecs ont confiance en moi, j’ai confiance en eux. On s’écoute, ça réagit aux consignes, ça permet d’aller vite dans le même sens. J’avais mes ambitions, mon bagage. C’était la qualif’ sinon rien ».

La qualification est en poche, maintenant place à la suite. La pression du quota olympique en moins, les compteurs sont remis à zéro. Benoît Brunet, Téo Rayet, Guillaume Turlan et Thibaud Turlan vont pouvoir se lâcher en toute sérénité et se faire totalement plaisir !

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