David Hunter : « L’aviron peut avoir une vraie place dans la pédagogie »

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Le ballon ovale l’a amené en France à l’âge de 22 ans, mais David Hunter n’a jamais oublié qu’en Afrique du Sud dont il est originaire, son premier sport passion, c’était l’aviron.

L’apprentissage du sport passe bien souvent par le milieu scolaire, et certains modèles, particulièrement anglo-saxons, sont plus propices à la pratique. “On faisait beaucoup de sport à l’école, se souvient David Hunter, j’ai fait de la natation, du cricket, du rugby…” Et de l’aviron, qu’il a découvert à l’âge de 13 ans. “On faisait de l’aviron l’été, poursuit-il, et du rugby l’hiver”. Cours le matin, et sport l’après-midi, un planning intense, mais qui suscite des passions, voire des vocations. “Ce qui est aussi spécial, c’est que notre professeur de maths était aussi notre entraîneur”. Mais c’est bel et bien le rugby et l’aviron qui l’ont séduit, avec une certaine préférence pour la rame au départ. “Ce sont deux sports complémentaires, porteurs de valeurs, très collectifs. On ne voit pas toujours la nécessité du collectif en aviron, et pourtant quand on ne rame pas seul, on le ressent, avec le dépassement de soi. Au rugby, c’est pareil, moins flagrant, car les coéquipiers peuvent aider.
Si aujourd’hui les fédérations soutiennent les athlètes, à l’âge de 19 ans, David Hunter a dû choisir, et c’est le rugby qui l’a emporté. “J’avais l’opportunité de faire les championnats U19, je m’étais préparé pour, mais c’était l’année de mes examens et les entraînements étaient trop nombreux”. Etudiant à U City au Cap, un de ses amis qui jouait en France lui propose alors de le rejoindre. Le troisième ligne pose des valises à Aurillac en 1998 et y restera jusqu’à ce qu’une opportunité de Top 16, à Narbonne, ne s’offre à lui. Il y restera jusqu’en 2009 avant de devenir entraîneur de Leucate. Son épouse l’avait rejointe en France en 2000 et le couple finit par s’installer dans la région de Marseille. “Je travaille dans les énergies renouvelables, précise David Hunter, je suis amené à me déplacer dans toute la France. Avec l’aéroport à proximité, Marseille était une bonne solution, et pour nos filles nous avons trouvé une école avec une section bilingue”.
Leurs deux filles, Deanne et Léa, ont comme leur papa pratiqué plusieurs sports, sans forcément adhérer avant que David ne saisisse une opportunité. “L’aînée, Deanne, aime l’eau, je lui ai proposé de découvrir l’aviron. Nous avons pris rendez-vous au CA Marseille. L’aviron, on aime ou on déteste, et elle a adoré”. Le projet proposé par le club l’a séduit : “En France, on n’a pas la même éducation sportive. Cela m’inquiétait, mais le CAM est structuré pour ça. L’aviron peut avoir une vraie place dans la pédagogie pour les enfants et les bénévoles, les entraîneurs et les dirigeants font un travail remarquable”.
Et chez les Hunter, l’aviron semble contagieux : alors que Léa ne voulait pas suivre les traces de sa grande sœur, elle a pourtant elle aussi immédiatement été séduite par l’aviron.
“Cela nous fait beaucoup de déplacements pour les amener aux entraînements, note David Hunter, mais le CAM met beaucoup de choses en place pour faciliter les choses. On dit souvent que l’aviron est un sport de riches, mais c’est faux : on trouve toutes les classes sociales dans un club, c’est ce qui fait sa richesse, et c’est un principe fort de solidarité.”

Fabrice Petit

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