Emma Lunatti impératrice du skiff

» Emma Lunatti impératrice du skiff

Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier la performance d’Emma Lunatti sur l’ensemble du week-end gersois : impériale ! Mag Aviron vous propose de découvrir en avant-première le retour sur le podium du skiff féminin.

La rameuse grenobloise arrivait pourtant à Cazaubon après un hiver compliqué, semé d’embûches et de blessures. Elle n’avait ainsi pas pris part à beaucoup d’étapes du chemin de sélection, mais elle arrivait en forme. Elle l’a démontré dès le parcours contre-la-montre, qu’elle a terminé avec une belle avance, puis en série, en demi-finale. La grande finale promettait encore une belle prestation de la jeune rameuse, ancienne biathlète. Et elle n’a pas dérogé à cette promesse. Elle est partie très fort dès le départ, s’installant avec une confortable avance, 4 secondes au passage des 500 premiers mètres. Un écart qu’elle a continué à creuser, au coup par coup, avec près de 9 secondes à mi-parcours. Sur les bords du bassin, on se surprend à parier du temps qu’il la séparera de sa première poursuivante ; on avance 10 secondes, voire plus… Elle franchira la ligne avec un temps de 7:27.71. « Mon record », sourit-elle au ponton d’honneur. Derrière elle, ses adversaires se disputent non plus le titre qui leur a échappé quasiment dès les premiers coups de pelles, et la lutte sans merci aura finalement tourné à l’avantage de Margaux Bailleul (Le Havre) qui finit un peu moins de 10 secondes derrière la Grenobloise, s’assurant ainsi l’argent avec un peu moins de 4 secondes d’avance sur Hélène Lefebvre (Encouragement), qui signe elle aussi un beau retour sur la scène française. « Je me projette bien maintenant, commente Emma Lunatti, avec les mondiaux en ligne de mire. Quant au bateau, je veux faire celui qui ira le plus vite possible », ne se refusant rien et prête à tout entendre comme proposition. « Ma saison en skiff l’an passé à l’international m’a beaucoup aidée, poursuit-elle, c’est une belle expérience enrichissante ».

Emma Lunatti a un parcours atypique. Arrivée en 2016 à l’aviron, elle avait fait son entrée dans le groupe du quatre de couple féminin de l’équipe de France, tout d’abord en tant que remplaçante. « C’était dur mentalement, nous expliquait-elle, j’avais envie de monter dans le bateau, et les résultats ont suivi ». Lors des piges de Vaires-sur-Marne fin 2020, elle avait confirmé son statut et gagné sa coulisse de titulaire dans l’embarcation. Un bateau qui avait véritablement commencé à se constituer en février, et dont la composition s’était figée lors de la première étape de coupe du monde en 2021 à Zagreb. L’équipage gagnait ensuite à Lucerne sa place aux Jeux de Tokyo. « Il a fallu rapidement se souder, notait-t-elle, apprendre à communiquer ensemble, car cela mène à la performance ». Et cela s’est rapidement fait. « L’aventure avec les filles a été particulière et intense. On a vécu des hauts et des bas, mais on s’est serré les coudes. Il y a eu des coups de moins bien, des péripéties en stage, mais cette année on sent qu’autre chose s’est installé. Les bases sont solides, il y a de la confiance entre nous, c’est notre force ».

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