
Pour certains, c’est une échéance inscrite au chemin de sélection vers l’équipe de France. Pour d’autres, un rendez-vous incontournable marqué d’une croix sur un calendrier. Les championnats de France d’aviron indoor attirent non seulement les rameuses et rameurs des clubs de France, mais aussi un public plus large. Et pour preuve, ils étaient plus de 3200 inscrits ce week-end à prendre part à la compétition.
Une compétition qui, comme l’an passé, ne s’est pas tenue en présentiel, mais à distance. A domicile pour certains, dans les clubs ou les pôles pour les autres.
Les affrontements avaient commencé dès le vendredi après-midi avec les championnats scolaires UNSS. Et Auvergne-Rhône-Alpes a remporté les deux titres. Du côté des collèges, c’est celui de l’Epine, à Novalaise, à proximité du lac d’Aiguebelette, qui a remporté la première place. Pour les lycées, c’est dans le Rhône à Villefranche-sur-Saône que la première place a été décrochée par le lycée Louis-Armand.
Hier, c’est la distance olympique qui était à l’honneur. 2000 mètres pour conquérir ou conserver un titre ! Du côté des juniors, Agathe Oudet a remporté l’or et fait tomber le record de France de la catégorie. Une victoire qu’elle a réitérée aujourd’hui sur 500 mètres. Chez les garçons, c’est Valentin Lourdez de Melun qui décroche le titre.
Les seniors ont ensuite pris les commandes des ergomètres. Le bal a été ouvert par les moins de 23 ans. Du côté des femmes, c’est Violaine Aernoudts qui a terminé sur la première marche du podium en 6 h 54. 7, devant Emma Cornelis en 6:55. 7, Clara Valinducq remportant le bronze en 6 h 59.
Chez les hommes, l’or a été remporté au pôle de Lyon par le Bergeracois Téo Rayet en 6 h .5, devant Victor Marcelot 6:03. 8 et Julien Viandier en 6 h 4. 8. Une course relevée, mais dominée par le pensionnaire du pôle de Lyon. « Je suis parti pour tenter de passer sous les 6 minutes, j’ai réussi à faire ce que je voulais dans le premier 1000, c’est dans le troisième 500 que ça a pêché un peu. Mais à l’arrivée, je suis devant ».
En poids léger, Aurélie Morizot, pensionnaire de l’équipe de France depuis plusieurs saisons, a confirmé son statut en décrochant l’or en 7 h 10. 5, devant Juliette Despres qui a remporté l’argent en 7 h 19. 6 et Inès Boccanfuso le bronze en 7 h 19. 8. Côté masculin, c’est Ferdinand Ludwig, désormais sous les couleurs de l’Aviron Grenoblois, qui a dominé les débats en 6 h 9. 9. « L’année dernière, ce n’est pas passé loin. C’était un objectif de ne pas finir deuxième ».

Les Olympiens sont ensuite entrés dans la danse, avec en seniors femmes poids léger Laura Tarantola et Claire Bové qui prenaient part aux championnats de France d’aviron indoor ensemble au pôle de Lyon, aux côtés de Susannah Duncan. Et c’est cette dernière qui, sur le deuxième 1000, a su s’arroger la première place au détriment de Laura Tarantola. Claire Bové décroche quant à elle le bronze. La rameuse d’Aiguebelette ne boudait pas son plaisir : « C’est important pour mon club, cela fait un moment que je côtoie les jeunes, de leur montrer que c’est ça qu’il faut aller chercher ». Claire Bové est contente de son résultat : « J’ai fait une course régulière, mais je suis quand même mitigée. Je suis partie comme pour un travail de vitesse, et pas un championnat de France, c’est en voyant les noms sur l’écran que j’ai réagi, c’était étrange ».
Chez les hommes, la victoire est à chercher du côté du pôle de Nancy. Le Nancéien Hugo Beurey remporte l’or en 6 h 9. 1. Derrière lui, on trouve Sid Ali Boudina en 6 h 14, du CA Nantes. En troisième position, c’est Corentin Amet qui termine son 2000 mètres en 6 h 14. 6. Le troisième Français sur le podium est Ivan Bové en 6 h 18. 6.

Montée en puissance avec l’entrée en scène des femmes toutes catégories. Une course remportée par Adèle Brosse en 6 h 47. 9 devant Maya Cornut-Danjou (6 h 49. 7). La verdunoise Camille Juillet s’empare de la troisième place en 6:51. 2. Hélène Lefebvre, qui courait dans sa catégorie d’âge, remporte l’or en 6 h 51. 4.
La course la plus attendue de la journée était sans doute celle des hommes TC, dont les deux protagonistes les plus regardés couraient l’un contre l’autre au pôle France de Lyon. Matthieu Androdias et Hugo Boucheron étaient en effet alignés aux côtés d’autres rameurs de la structure. Une course très relevée dont l’issue s’est dessinée dans les 500 derniers mètres, sur l’enlevage. Le podium avait déjà réservé des surprises en 2021, il en a été de même en 2022. Mais au final, Matthieu Androdias a conservé son titre, Vincent Matz a conservé l’argent et, à la troisième place, on retrouve Vincent Noirot. « Je ne voulais pas trop me mettre la pression, et je ne voulais pas emmener ma médaille sur l’ergo en me disant que j’avais un truc à défendre… On voit qu’il n’y a rien d’acquis, qu’il y a encore plein de trucs à bosser. J’ai encore pas mal de faiblesses, notamment sur le 1000 du milieu, j’ai subi sur cette partie-là. Le début de saison a été dure, j’en sors à peine. Je suis revenu à la surface début janvier. Avant ça, ça a été les montagnes russes ».
Du côté du para-aviron, Margot boulet a remporté l’or en PR3, et chez les hommes dans la même catégorie, Laurent Viala qui s’est emparé de l’or. Stéphane Tardieu continue de s’illustrer en PR2 en remportant la course.
Le dimanche, place aux 500 mètres avec, sur les podiums, des athlètes qui y étaient déjà montés la veille comme Vincent Matz, Téo Rayet, Clara Valinducq, Aurélie Morizot… Une distance qui, comme sur l’eau, a permis à de nombreux rameurs et rameuses de clubs de s’illustrer en s’arrogeant titres et médailles.
Relais, AviRose, aviron partagé, distance olympique ou sprint… Ces championnats de France d’aviron indoor ont permis à chacun d’y trouver son compte, au plus proche de chez soi, même si tout le monde nourrit l’espoir de pouvoir refouler le parquet d’une salle parisienne et de monter sur l’ergomètre aux côtés de ses concurrents. Comme le disait Matthieu Androdias quand on lui demande s’il regrette le temps des championnats en présentiel. « Les conditions sont différentes et pas forcément simples, mais on y trouve des ressources, des forces ». Vivement le retour à Paris en 2023 !