« Il faut maintenant fixer une date »

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Julien Bahain fait partie de la commission des athlètes de la FISA. Avec les autres membres de la commission, il demande à ce qu’une date soit déterminée le plus rapidement possible pour les Jeux de Tokyo.

Depuis la Colombie-Britannique où il habite, Julien Bahain a approuvé la décision de reporter les Jeux à l’année 2021. “On ne peut pas mettre les Jeux devant tout le reste, commente-t-il, c’était une décision compliquée et difficile, mais la santé du monde est en jeu et les Jeux, c’est anecdotique par rapport à ça”. C’est aussi l’équité qui le préoccupait. “Le report était la meilleure solution pour avoir des Jeux équitables, même pour les quotas à qualifier : on allait peut-être attribuer des places sur des résultats de l’année dernière. J’avais applaudi la décision du CNO canadien de ne pas envoyer d’athlètes à Tokyo, même si tout le monde n’était pas d’accord, je trouvais que le CIO ne faisait pas son boulot. Les athlètes ont enfin eu une réponse”. Mais pour l’ancien rameur franco-canadien, c’est une autre réponse qui doit maintenant intervenir rapidement. “Il faut maintenant un plan de route. A la commission des athlètes de la FISA, on essaie d’avoir des échéances. Tout le monde s’entraîne dans son coin, dans des conditions difficiles, il y a des risques ; il faut maintenant passer à l’étape suivante en fixant la date des Jeux”.
Car de cette date va dépendre le travail que la FISA va devoir accomplir avec l’ensemble des comités d’organisation des championnats déjà programmés pour la saison 2021, et même ceux de la saison 2020. “Les championnats du monde prévus la saison prochaine ne seront plus les mêmes, comme ceux de cette année. Déjà, est-ce qu’on pourra organiser des mondiaux dans la situation actuelle ? Des athlètes s’entraînent aussi pour cette échéance, pas dans les meilleures conditions. Et pourrait-on y accueillir les catégories olympiques, avec déjà les juniors et les U23 ?” Pour lui, c’est l’ensemble des échéances à venir qui doivent être envisagées à nouveau, ce que la FISA est en train de faire en lien avec tous ses interlocuteurs. “A mon avis, il ne faudrait pas voir 2020 comme une saison, mais plutôt sur deux ans : 2020-2021. Sans oublier qu’après la pandémie, on va affronter une crise économique, le monde du sport va en prendre un coup”.
Julien Bahain est actuellement confiné chez lui, de retour d’Europe des Pays-Bas où il comptait prendre part à la Heineken cup. Si les conditions sont moins strictes qu’en Europe, elles sont davantage respectées, dans un pays de 37 millions d’habitants qui est, en surface, le deuxième pays du monde. “Ici, on s’autorégule, les gens sont plus disciplinés”. Il n’oublie pas non plus le rôle que les athlètes ont dans la société, de par leur statut : “On est des modèles, des exemples. Alors, prenez soin de vous et restez chez vous”.

Fabrice Petit

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