10 courses mythiques selon les rameurs

9 Juin 2017

 

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Choc des générations ! Voici une confrontation de 10 rameurs français qui se sont prêtés au jeu. Une unique question leur a été posée : « Quelle est pour vous la course mythique dans l’histoire de l’aviron ? » Ce palmarès a été construit avec l’émotion, la performance et le dépassement de soi de ces différents champions.

http://www.worldrowing.com/events/1970-world-junior-championships/junior-mens-single-sculls/ Résultats sur la FISA
8 août 1970, Les championnats du monde junior masculin à Ioannina en Grèce. Charles Imbert participe aux championnats en skiff, et c’est cette course qui l’a marqué le plus. « J’ai fait plein d’autres courses qui étaient importantes mais avec le recul et les années c’est celle à laquelle j’ai le plus pensé et encore aujourd’hui ! C’était ma troisième année d’aviron, j’avais 18 ans et une capacité d’émerveillement sans fin, peut-être un peu de naïveté ? J’étais partis prudemment en 5ème position, mais à milieu parcours je me suis dit « allé tu vas aller chercher ta médaille, c’est maintenant ou jamais. » J’ai fini troisième (derrière les allemands de l’Est), avec la médaille de bronze remise par Thomas Keller. A 18 ans tu es enthousiaste ! en plus on avait fait le déplacement en avion, des stages là-bas, c’est celle, avec le recul qui m’a le plus marqué. »

http://www.worldrowing.com/events/1979-world-championships/mens-coxed-four/ Résultats sur la FISA
9 septembre 1979, les championnats du monde d’aviron à Bled en Slovénie. Michel Andrieux n’est pas encore rameur et ces championnats sont le début de ce géant de l’aviron. « C’est difficile je suis à la fois dans le passé et dans le futur ! Mais s’il faut en dire une c’est ce 4 barré de l’Allemagne de l’Est. C’était quelque chose de monstrueux, voir ces monstres sur un petit bateau c’était grandiose. Moi j’étais qu’un gamin et j’ai découvert l’aviron à la télé. Et je me dis que parfois il faut un lien, cette course c’est certainement un déclic puisque 10 ans plus tard je me suis retrouvé au même endroit pour les championnats du monde !  Mais ceci étant il y a plein de courses et c’est difficile d’en choisir qu’une ! » 1 août 1992, durant les jeux olympiques de Barcelone, Isabelle Danjou en duo avec Christine Gossé est sans aucun doute pour elle, une des courses les plus mythiques. Pourquoi ? « On a tout donné, on était à bout ! Même en la refaisant je n’aurais pas pu faire mieux ! cette quatrième place m’a apporté beaucoup de richesses et d’expérience. 4 années plus tard j’étais debout sur mon canapé en train de vivre en direct la course Rolland / Andrieux, ils ont été capables d’aboutir ce que l’on n’a pas réussi en accédant au podium ! » 
2 août 1992, lors de ces mêmes Jeux, la finale du deux barrés a tenu Jean-Baptiste Macquet en haleine, sur le ton de l’humour il ajoute, « je suis sûr que personne ne t’a répondu ça, mais c’est une course qui est à voir pour moi! »   11 août 1996 Jeux Olympiques à Atlanta, la finale du skiff masculin. Pour Matthias Raymond c’est surtout les courses où les personnes se dépassent mentalement et physiquement, qui reviennent de derrière pour passer devant. « Malgré moi c’est la technique que j’ai adopté en tant que rameur, amenant à la victoire ou à la défaite mais c’est ce qui m’a inspiré. A l’époque on regardait les courses sur des cassettes-vidéos pendant les entraînements à l’ergo ! Pour moi cette finale de skiff, où l’on voit le rameur suisse Xéno Mueller qui remonte d’à peu près une longueur et demie derrière à partir du mille mètres. Et il finit premier avec plus d’une longueur de jour d’avance par rapport à Derreck Porter qui est une légende de l’aviron aussi. Xéno fait un deuxième mille phénoménal (surtout en skiff) parce qu’il arrive vraiment à rattraper et combler le retard de trois secondes qu’il a sur le premier mille et en mettre autant aux autres sur la fin ! C’est vraiment quelque chose qui est inspirant quand on voit à quel point le skiff est dur ! Quelqu’un qui se transcende autant sur un parcours et qui arrive à transformer tous ces efforts pour parvenir à la victoire c’est quelque chose qui est significatif ! »

Inoubliable course de M2- JO de Sydney par rowing9123 septembre 2000 pendant les Jeux Olympiques de Sydney, Michel Andrieux et Jean-Christophe Rolland disputent et s’imposent en 2 sans barreurs avec un chrono de 6 minutes 32 secondes 97. Une des courses les plus visionnées sur internet encore aujourd’hui, elle marque les esprits. Grand tournant pour l’aviron français, Pierre Houin la cite comme étant une des plus mythiques selon lui. « Ce n’est pas très original puisqu’elle revient tout le temps c’est vrai mais c’est un pari qu’ils se sont lancés. Un pari qui est risqué puisqu’ « il faut en avoir dans le pantalon » pour partir au moment où on sait que personne ne le fera et de le tenir jusqu’au bout, je crois que c’est une excellente leçon d’aviron ». Benjamin David le rejoint sur ce mystique de la course, « c’est quelque chose de puissant, qui donne des frissons. La façon dont ils ont réglé le mental avec le physique ». 
21 août 2004, pour Jérémie Azou, c’est celle d’Adrien Hardy et Sébastien Vieilledent sur la construction stratégique de la course. Tu te rends bien compte qu’ils attaquent dans le troisième 500 pas n’importe où mais à la fin. Ce qui les propulsent vraiment en tête, largement ! Jusqu’à quasiment la fin du quatrième. C’est cette série du 850 de la ligne qui m’a personnellement inspiré puisque je me reconnais dans cette construction stratégique. » 
21 août 2004, pour Sophie Balmary, « La course d’aviron qui m’a le plus marqué ou plutôt celle qui m’a le plus inspirée est la finale olympique de Katrin Rutschow-Stomporowski en skiff à Athènes en 2004. De mon point de vue elle réalise la course parfaite juste au bon moment.
Ekaterina Karsten et Rumyana Neykova ont toujours été meilleures que Katrin qui est l’éternelle 3eme (à part en 2001 ou Karsten double en 1x et en 2x à 1h d’intervalle ; Rumyana Neykova est en année sabbatique). Rumyana revient en 2002 plus forte que jamais avec un record du monde à la clé à Séville en 7’07.71, ce qui est vraiment énorme en termes de chrono. Ce jour-là, tant tactiquement que techniquement Katrin réalise une course vraiment parfaite. Elle est au sommet de son art ! Dès le départ, elle tue la finale olympique en partant plus vite que tout le monde.
Ceci n’était vraiment pas évident quand on connait le contexte : Karsten était vraiment rapide au départ et c’est en finale olympique : Karsten est double championne olympique du 1x et Rumyana Neykova la skiffeuse la plus rapide de tous les temps. Ekaterina et Rumyana sont toujours à couteaux tirés depuis leurs années junior. Le titre de 2000 se joue à la photo finish avec l’écart minimum identifiable. Il a fallu un long moment pour départager ces 2 là pour le titre de championne olympique à Sydney. Pour revenir à la finale d’Athènes, Katrin a une grande avance mais reste totalement concentrée sur elle-même et sa manière de faire : c’est elle qui impose sa course. Ekaterina Karsten et Rumyana Neykova semblent dans une autre course, à part, l’une contre l’autre, en duel. Katrin continue d’attaquer et de creuser l’écart, c’était réellement incroyable de voir ça. Elle semble sur sa propre planète. Sur les derniers mètres, on sent qu’il ne lui reste plus grand chose et probablement qu’elle réalise aussi ce qui est en train de se passer, mais c’est trop tard les 2 autres ne pourront jamais revenir…
C’est vraiment une course qui m’a beaucoup inspirée et Katrin est la rameuse qui m’a le plus inspirée. C’est cette course qui m’a donné envie de reprendre le skiff après mes déceptions et déboires des années 2003-2004.
On parle souvent de Ekaterina Karsten et Rumyana Neykova qui sont deux athlètes juste exceptionnelles mais finalement on parle peu de Katrin. Pourtant Katrin a toujours été régulière et a toujours su imposer son choix du skiff dans une nation qui était à l’époque, et de loin, la meilleure nation d’aviron féminin, avec d’autres grandes rameuses comme Kathrin Boron. Je ne l’ai jamais vu rater complètement une course. Katrin Rutschow est une Grande de l’aviron féminin mondial. Par ailleurs c’est une personne avec beaucoup d’humilité et vraiment très sympa.
Si je ne me trompe pas il faut savoir qu’elle a été 3 fois championne du monde junior en 1x, championne olympique en 4x à Atlanta dans sa première année senior avant de passer au skiff en 1997 ou elle a été souvent la 3eme… Mais elle est finalement championne du monde en 2001 et championne olympique en 2004. »
2 septembre 2007 la finale des mondiaux à Munich, Daniel Blin est alors remplaçant du 4 de couple lorsque Jean-David Bernard est blessé et ne peut disputer les courses, le bateau est alors vice-champion en 2007. La même année Jean-David réintègre sa place, et vient prendre sa médaille d’argent à Munich. « J’ai vécu cette course, il y avait malheureusement 5 rameurs pour 4 places mais cela ne m’a pas empêché (au contraire !) d’être à 100% derrière eux. Il y avait un super esprit d’équipe. C’est le groupe qui a fait la force et j’ai absolument partagé leur bonheur ». La vision d’un rameur et d’un photographe n’étant pas la même, Daniel Blin revient sur une course qu’il a vécu derrière son objectif.
6 juillet 2014 Henley Royal Regatta : « Lorsque Jérémie Azou et Stani Delayre gagnent devant le double britannique. C’était une revanche sur leur quatrième place aux JO en 2012, en plus sur la terre anglaise et cette course m’a donné des frissons. La technique était superbe, le physique et la maîtrise au point ! »
 

Ophélie Farissier

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