Bassin du Breuil : quand les avancées technologiques rencontrent les pratiques ancestrales

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Une petite particularité de ce bassin est que le découpage napoléonien des régions le traverse, ce qui fait que la Bourgogne et la région rhônalpine se partagent cette source d’activité. Pour autant, tout l’équipement du bassin permettant d’accueillir l’aviron est régi par la mairie de Mâcon.
Les tracas d’un bassin naturel
Les crues, grand encombre des rivières, ont lieu très souvent au mois de mai et juin. Dans l’histoire de Mâcon la Saône a atteint son paroxysme en 1840, en inondant le centre-ville, les crues étaient montées jusqu’à 8,05 mètres. Bien que l’annihilation de ce risque soit impossible, la ville a mis en place des moyens afin de le limiter.
A la suite d’importantes inondations en 2001 (6,54 mètres) une convention entre l’Etat et l’établissement public territorial du bassin Saône et Doubs (EPTB) a été créée afin de concrétiser un programme de prévention des inondations du Val de Saône.
Ce programme a permis l’amélioration de la prévention via le plan d’alerte pour la population, des champs d’expansion des crues pour protéger les zones habitées. Au travers de la prévention morale, des repères des crues ont été marqués pour rappeler à la population les risques possibles d’inondations.
De l’utile à l’agréable
Le club des régates mâconnaises date de 1873, créé à l’issue des problèmes engendrés par les crues. En tant qu’activité principale le sauvetage et canotage font leurs premiers pas sur le bassin, cette activité est par la suite reconnue comme d’utilité publique. Les débuts de navigation sur la Saône sont lancés, le club se développe et engendre des pratiques de loisirs et de compétitions. Dorénavant, l’aviron fait partie intégrante de la culture mâconnaise. Le club compte aujourd’hui environ 800 pratiquants.
“A un moment donné, chaque mâconnais a mis ses fesses dans un bateau” rapporte avec humour Jacques Dussot, entraîneur du club.
“Rendons à César ce qui est à César”. Le Musée de l’aviron est désormais au sein des locaux du club, les biens du musée qui se trouvaient initialement au Musée des Urselines ont été mutés. Le club a ainsi pu retrouver son patrimoine et les souvenirs des compétitions d’antan. Il accueille (avec passion) les visiteurs curieux à l’idée de découvrir les prémices de ce qui fait la notoriété de Mâcon désormais.
Spécificités techniques du Breuil
Le bassin du Breuil n’est pas fermé contrairement à un grand nombre de ces congénères. Ainsi, les équipements sont très techniques, la rivière possède des ancrages, des poulies de renvoi… Au cours de ces 7 dernières années, la volonté du club à moderniser ces équipements s’est fait ressentir au sein du cahier des charges. Stratifiés dans le temps, le feu, les flotteurs, la fibre optique, l’insonorisation du bassin, le balisage, et le dernier en date le ponton de départ datant de 1975 (refait à neuf en 2016) ont améliorés la pratique de l’aviron à Mâcon. C’est en effet 80 championnats de France qui ont été foulés sur cette rivière, dont trois d’Europe, un aussi grand club se doit d’assurer l’accueil en adéquation avec son envergure.
Volonté d’expansion
Au sein des enjeux touristiques, économiques et aussi olympiques (Paris2024), un projet de 50 ans est ressorti des archives. “Le vieux serpent de mer” a été réexaminé, une enquête administrative est en cours pour la création d’un bassin aux normes internationales. Entre la plaine de l’Ain et l’autoroute A40, un bassin pourrait voir le jour puisque pour la création des routes, les chantiers auraient besoin d’extraire le granulat, de ce fait le creux pourrait loger un bassin olympique…

Ophélie Farissier

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