Bientôt le retour de l’aviron à Aiguebelette ?

» Bientôt le retour de l’aviron à Aiguebelette ?

Dans son prochain numéro, Mag Aviron vous propose de revenir sur l’imbroglio « écolo-judiciaro-politico-sportif » dans lequel se trouvent le lac d’Aiguebelette et ses installations et qui pourrait néanmoins trouver un dénouement prochainement. Retour en arrière vers l’histoire récente des lieux, qui voit aujourd’hui une lueur poindre au bout du tunnel.

La régate de Savoie Mont Blanc… les championnats de zone… des championnats de France… et surtout, il y a moins de dix ans, une étape de coupe du monde et des championnats du monde qualificatifs pour les Jeux olympiques et paralympiques de Rio. Le lac d’Aiguebelette et ses eaux turquoise ont accueilli des événements d’envergure internationale. Cet écrin, en plein cœur de la Savoie, est quasiment un paysage de carte postale, dont la beauté a ravi les rameuses et rameurs du monde entier, certains n’hésitant pas à le qualifier de plus beau bassin du monde.

Et pourtant, ses installations ont pris la poussière, ou plutôt la vase et la mousse. Et pour cause, le bassin qui a accueilli les mondiaux et quelques autres rendez-vous n’a pas servi depuis… 2017 !

Des installations devenues illégales

Car pour les moins de 20 ans qui ne peuvent pas connaître l’histoire, l’aviron à Aiguebelette a de nombreux opposants. Parmi eux, pêcheurs et écologistes rassemblés en associations et collectifs qui, dès le début des travaux de mise en place du bassin ouest, ont affiché des banderoles chez eux, aux abords du lac, débuté des manifestations… mais surtout entamé des procédures judiciaires.

A cela s’ajoutent les menaces et intimidations subies par les rameuses et rameurs, mais aussi les faux procès faits à l’aviron, comme « la sueur pollue les eaux du lac »… Même les mondiaux et la coupe du monde auront connu leur lot de rebondissements (Mag Aviron aura même eu sa voiture fracturée en 2014…).

Les voies de justice engagées par les opposants au projet allaient porter leurs fruits. En 2017, les permis de construire des ancrages du nouveau bassin étaient invalidés. Il devient impossible d’utiliser les ancrages situés au fond du lac pour le balisage, ainsi que le ponton de départ. Les installations ne sont toutefois pas retirées, car leur démontage engendrerait davantage de dégâts.

Le lac n’accueille donc aujourd’hui que quelques compétitions régionales, mais dans des conditions pas idéales : elles se tiennent sur l’ancien bassin, au pied du massif de l’Epine, sur quatre lignes d’eau, et les départs ne sont pas tenus. Sans oublier que des rochers tombent de la falaise de l’Epine, excluant toute possibilité de mettre en place une tribune et du public de ce côté du lac. Impossible donc d’y organiser un grand rendez-vous important !

Lancement de la médiation

Le statu quo aura duré plusieurs années, avant que la ligue Auvergne-Rhône-Alpes ne reprenne les choses en main. « Nous nous sommes tournés vers World Rowing, explique Nicolas Guyot, secrétaire général de la ligue Aura d’aviron, qui nous a proposé de rencontrer les organisateurs de régates sur lac naturel, comme Bled, Lucerne… Tous ont rencontré de manière plus ou moins forte des problèmes d’ordre écologique, avec des contestations et tous s’en sont sortis grâce à une médiation ».

Un médiateur a donc été trouvé par la ligue, pour laquelle il est hors de question de passer en force ou de trouver un subterfuge juridique. « Les opposants ont formé des recours, ils ont gagné, c’est qu’ils avaient raison ». Le médiateur a rencontré l’ensemble des parties prenantes au dossier : associations de protection de la nature, associations d’aviron, élus locaux, collectivités… Il en est ressorti deux constats rassurants : tout le monde est pour la préservation de l’environnement et le retour de l’aviron sur le lac. « Il n’est pas dans notre intérêt que la pratique soit associée à quelque chose de négatif », poursuit Nicolas Guyot.

La médiation a également mis en avant l’intérêt de l’aviron, notamment en termes financiers et en retombées sur l’hôtellerie, la restauration…

La nécessité d’un accord sur le plan juridique, mais aussi sur le plan technique est aussi mise en avant. Toutes les solutions seront envisagées pour offrir un bassin qui soit le moins impactant sur l’environnement, sur des compétitions qui prendraient le moins de temps à monter et à démonter, en proposant des mesures en direction de l’environnement, de la faune… « Il faut proposer tout ce qui est possible pour permettre le retour de l’aviron sur le lac d’Aiguebelette », conclut Nicolas Guyot.

Un nouveau bassin ? Pourquoi pas. Il va maintenant falloir, comme le préconise le médiateur, remettre toutes les parties autour de la table en définissant des objectifs, des impératifs, établir un projet qui sera ensuite pris en main par les collectivités intervenantes. Affaire à suivre !

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