Emma Lunatti de retour en quatre de couple à Munich

» Emma Lunatti de retour en quatre de couple à Munich

Mag Aviron vous propose de revenir sur le parcours d’Emma Lunatti, finaliste de la dernière étape de coupe du monde en skiff.

Emma Lunatti en skiff féminin à Lucerne.

Sa performance a été soulignée par tous. Emma Lunatti est entrée en finale A du skiff féminin à Lucerne il y a une semaine. Elle se souvient de ses premiers coups de pelle, qui ne sont pas si anciens. « J’ai commencé par le biathlon, explique-t-elle, puis je suis venue à l’aviron. J’étais au collège le Chamandier à Grenoble, une de nos professeurs nous incitait à faire du sport. Mon grand frère était à l’aviron grenoblois, comme nos voisins, Léa et Clément Duret. Je suis restée au biathlon pour finalement revenir à la rame en 2016. On m’avait demandé de remplacer dans un quatre sans junior. Une fois dedans, je n’en suis plus sortie ». La dynamique de groupe du club l’a séduite, elle a ensuite enchaîné dans le huit senior, aux côtés d’internationales comme Noémie Kober, Léa Duret… « C’est une grande famille, un vrai groupe d’amies, cela m’a donné envie de continuer et de m’orienter vers le haut niveau, j’ai mis les moyens pour passer à l’étape supérieure ».L’aventure u quatre de couple

En 2019, elle fait son entrée dans le groupe du quatre de couple féminin de l’équipe de France, tout d’abord en tant que remplaçante. « C’était dur mentalement, j’avais envie de monter dans le bateau, et les résultats ont suivi ». Lors des piges de Vaires-sur-Marne fin 2020, elle confirme son statut et gagne sa coulisse de titulaire dans l’embarcation. Un bateau qui a véritablement commencé à se constituer en février, et dont la composition s’est figée lors de la première étape de coupe du monde en 2021 à Zagreb. L’équipage gagne ensuite sa place aux Jeux de Tokyo. « Il a fallu rapidement se souder, note-t-elle, apprendre à communiquer ensemble, car cela mène à la performance ». Et cela s’est rapidement fait. « L’aventure avec les filles a été particulière et intense. On a vécu des hauts et des bas, mais on s’est serré les coudes. Il y a eu des coups de moins bien, des péripéties en stage, mais cette année on sent qu’autre chose s’est installé. Les bases sont solides, il y a de la confiance entre nous, c’est notre force ».Un passage par le skiff

Le retour des Jeux a été dur pour tout le monde. « Mi-décembre, j’ai coupé un peu et j’ai attrapé le covid. Ce mois en moins sur ma préparation m’a stressée, je savais que si je voulais être forte à Cazaubon, il fallait que je fasse un sans-faute à l’entraînement ». Sa Coach Camille Ribes l’a rassurée et soutenue. « Les seules échéances que j’ai faites sont la tête de rivière de mars et le test ergo ; j’ai remporté la première et battu mon record au second. C’était la première fois que je gagnais une course en skiff, je pouvais le faire, et je voulais le faire. Mais avec Camille, on n’a jamais parlé de place, elle me disait juste de faire la meilleure performance possible ». Emma Lunatti arrive donc assez libérée à Cazaubon, sans stress. « Je ne suis pas arrivée en me disant que j’étais la leader, je voulais juste vivre mes championnats en étant relax, à 100 % ».
Sa victoire incite l’encadrement à lui proposer de tenter le skiff à l’international. « Ca devait se faire à Essen, mais on a pensé que ce serait compliqué de faire le skiff un jour et le quatre le lendemain ». Marie Jacquet devant passer ses partiels au moment de l’étape de coupe du monde de Lucerne, c’est finalement cette régate qui est choisie pour saisir l’opportunité. « Je trouvais intéressant de jauger mon niveau et voir comment il avait évolué ». Elle arrive sur le Rotsee comme à Cazaubon et les autres rendez-vous : donner le meilleur d’elle-même, et relever un challenge personnel. « Je ne suis pas une skiffeuse dans l’âme, mais je voulais jouer au maximum, prendre du plaisir, repousser mes limites en m’alignant face à des filles qui sont juste énormes et grappiller des détails pour m’améliorer ». Et le résultat est là : Emma Lunatti a couru en finale A d’une coupe du monde, ce qui n’était pas arrivé depuis Sophie Balmary en 2007.Retour en quatre de cople

Mais comme elle l’a toujours dit, le skiff n’est qu’une parenthèse. « Mon projet, c’est le quatre de couple, je ne changerai pas de discours cette année. J’ai pu me jauger au niveau individuel, mais ce retour en quatre coule de source. C’est tellement évident pour moi ».
Elle va donc bientôt repartir en stage, à Bellecin, pour préparer les championnats d’Europe de Munich, avec Marie Jacquet, Margaux Bailleul et Violaine Aernoudts et retrouver leurs adversaires polonaises, néerlandaises, suisses, britanniques, italiennes… Du beau monde, ce qui devrait donner des courses bien denses et serrées.

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