Tests nationaux : un retour sur l’eau attendu… et bienvenu !

» Tests nationaux : un retour sur l’eau attendu… et bienvenu !


Le même mot est revenu dans chacune des conversations entendues ou provoquées sur les bords du lac des Dagueys durant ce week-end : heureux ! En effet, si la plupart des rameuses et rameurs avaient eu, bien sûr, l’occasion de reprendre les pelles et de se frotter à des concurrents, rien n’avait, depuis plusieurs mois, pu être fait sur des parcours en ligne, hormis sur des piges comme à Vaires-sur-Marne pour les femmes ou Libourne pour les hommes. Comme dans le monde d’avant ! Ce monde d’avant où les visages n’étaient pas masqués, où l’on pouvait échanger de franches poignées de mains, où les discussions s’entamaient sur le parc à bateaux et se poursuivaient à la buvette…
Et pourtant, malgré toutes les mesures barrière, le plaisir était bien là et l’on pouvait aisément déceler, derrière le masque, dans le regard, la joie de retrouver un entraîneur national ou de club, un rameur ou une rameuse que l’on n’a pas vu depuis que le sport est mis sous cloche, voire montrer du doigt comme un potentiel vecteur de propagation du SARS-CoV-2. Et il l’a été, ces dernières semaines : il suffit de voir la liste des engagés sur ces tests nationaux pour voir l’étendue des dégâts : un secteur masculin décimé, un secteur féminin moins touché, mais privé de quelques-unes de ses étoiles… Mais le rendez-vous a été maintenu, et il a mérité l’acharnement de ses protagonistes de son organisation.
Un accueil exemplaire du CN Libourne qui s’est mis en quatre pour qu’aucun grain de sable ne vienne coincer l’engrenage. “Les bénévoles ont joué le jeu du très haut niveau, commente Christine Gossé, cheffe du secteur féminin, ils se sont adaptés à nos réactions de dernière minute. Et le bassin avec ses neuf couloirs permet d’avoir un maximum d’équité dans les lignes d’eau”. En effet, si sur un championnat de France, tout changement d’horaire ou de couloir doit être soumis au comité d’équité, le format “tests nationaux” offre davantage de souplesse et de flexibilité. “C’était important de pouvoir se réunir pour faire des parcours, ajoute l’entraîneur national Thibaud Chapelle, le format n’est pas bien différent des championnats de France bateaux courts, mais je préfère quand ce sont des championnats, car les courses se terminent par des podiums”. L’engagement de tous les athlètes a aussi été souligné par les cadres fédéraux.

Si nous avons déjà abordé les résultats dès dimanche, certains méritent d’être soulignés : le retour en grande forme de Marie Jacquet qui remporte la finale du skiff féminin. “Ca fait longtemps que je n’avais pas de course comme j’étais blessée, explique Marie Jacquet, mon objectif ici était d’être capable d’enchaîner des parcours. Gagner la finale, alors que je ne connaissais pas très bien mon niveau, était de montrer que ce n’était pas un coup de chance”. La performance de Romain Harat en skiff masculin qui a poussé Hugo Boucheron dans ses retranchements et s’est emparé de la deuxième place fut également remarquée : “Même s’il manque beaucoup de rameurs, commente Thibaud Chapelle, j’ai beaucoup apprécié le comportement de Romain Harat. Il est allé chercher Hugo Boucheron et à un moment donné, c’est important d’avoir cette combativité. C’est un signal d’avertissement. C’est bien que les jeunes viennent battre les anciens”.

Un rendez-vous qui va permettre à l’encadrement national de déterminer les compositions des bateaux pour le début de la saison internationale des U23, mais va aussi éclairer sur une hiérarchie entre celles et ceux qui prétendent à rejoindre un bateau en A pour briguer la qualification pour Tokyo en mai à Lucerne.

Fabrice Petit

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