Des calendriers en cours de refonte

» Des calendriers en cours de refonte

Maintenant que la nouvelle date des Jeux olympiques et paralympiques a été déterminée, on doit s’arracher les cheveux à la FISA et à la FFA pour remettre sur pied un calendrier d’événements laissé en lambeaux par la pandémie de Covid-19.

Avant la mi-mars et les championnats de France longue distance prévus à Mâcon, La Fédération française d’aviron avait pris ses responsabilités et réagi ; elle avait dans un premier temps annulé l’échéance malgré le nombre important d’inscrits. Un succès qui fut aussi une raison de ne pas organiser ces championnats : à ce moment-là, les rassemblements de plus de 1 000 personnes étaient interdits, un chiffre rapidement revu à la baisse par le gouvernement avant que le confinement ne soit décrété.
Une longue série d’annulations de rendez-vous nationaux et internationaux allait s’enchaîner : les étapes de coupe du monde, les régates finales de qualification olympique et paralympique, les championnats de France bateaux courts. Plus récemment au niveau hexagonal, les championnats de France UNSS et FFSU ont eux aussi été victimes du Covid-19.
L’entrée en confinement avait conduit les athlètes de l’équipe de France à revoir leurs entraînements afin de les adapter à la situation avec ergomètre, vélo d’appartement et un équipement de base en musculation à la maison pour la plupart d’entre eux. La FFA et son directeur technique national Patrick Ranvier avaient réagi dès que les rumeurs avaient commencé à enfler sur le fait que la population française allait devoir de cloisonner chez elle. “Nous n’avons aucun doute sur la nécessité de ce confinement, lance Patrick Ranvier, il faut relativiser sur la situation du sport quand celle de la santé du monde est en danger”. Des paroles pleines de bon sens, et de lucidité quant aux échéances à venir. “Le calendrier international ne ressemble plus à rien, poursuit-il, mais avant de prévoir quoi que ce soit, il faut déjà savoir quand on pourra ressortir”.
Les JO reportés, le DTN attendait avec impatience que leurs nouvelles dates soient déterminées. Sa préférence allait à un report à l’automne 2020, déjà pour fixer une nouvelle échéance proche aux athlètes, laisser un peu de temps sur l’été pour qualifier les 43 % de rameuses et rameurs attendant encore d’être fixés sur leur sort, mais aussi pour s’assurer que ceux qui ont déjà remporté leur qualification soient toujours partants et dans la course physiquement. Le choix du CIO et du comité d’organisation de Tokyo 2020 aura été tout autre : report d’un an, de date à date ! Si pour l’instant le moral des troupes tient bon, qu’en sera-t-il dans quelques mois, avec des vies professionnelles et personnelles à réorganiser pour aller jusqu’en août 2021 ?
Maintenant que la date des Jeux de 2020 et connue pour 2021… la FISA va enfin pouvoir se pencher sur son calendrier, avec de nouveaux changements pour les Europe juniors qui pourraient se courir à la mi-juillet et les Europe Elite en septembre-octobre, après la récente annonce de leur report. Un gros rendez-vous autour duquel la saison internationale des équipes A reprendrait.
Du côté du calendrier national, c’est également la grande inconnue. Patrick Ranvier ne cachait pas la semaine dernière que la problématique des sélections en juniors et U23 se posait, mais aussi celle de maintenir des championnats nationaux à leur date. “On est réactifs, confirme le DTN, on est sur le sujet, nous n’avons pas de plan arrêté, mais quelques scénarios. Garder le calendrier en l’état n’est pas possible. Reprendre avec des rendez-vous en mai serait prétentieux, il faudrait surtout que l’on reprenne l’activité en mai”.
Les entraîneurs doivent maintenant rivaliser d’inventivité pour conserver la motivation dans les rangs des rameuses et rameurs, certains ayant du mal à se projeter sur une échéance qui n’aura lieu que dans 15 mois, avec d’importantes incertitudes sur les rendez-vous intermédiaires. Mais d’ici le 20 avril, la FFA a incité ses rameuses et rameurs à lever le pied et à réduire leur volume d’entraînement, afin de respecter les mises en garde concernant les risques cardio-vasculaires et immunitaires en cas d’infection par le SARS-CoV-2 conjuguée à un entraînement trop intense.

Fabrice Petit

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