Elodie Ravera-Scaramozzino : « Le Beach rowing sprint est dans un coin de ma tête »

» Elodie Ravera-Scaramozzino : « Le Beach rowing sprint est dans un coin de ma tête »

Deuxième du Challenge Prince Albert II avec le Team Côte d’Azur le week-end dernier, la rameuse niçoise s’épanouit dans l’aviron de mer. Elle ne cache pas être tentée par un passage en Beach rowing spring Dimanche 27 novembre, quai Louis II. Verre de houblon monégasque à la main, Elodie Ravera-Scaramozzino profite de la cérémonie de clôture du 17e Challenge Prince Albert II. La rameuse française a bravé la houle prononcée en baie de Monaco pendant deux jours avec ses coéquipiers du Team Côte d’Azur, dont Quentin Antognelli et Gaël Chocheyras, des copains d’enfance rencontrés sur les berges du lac de Saint-Cassien. Appréciant ce “retour aux sources”, elle réfléchit même à se convertir au Beach rowing sprint.

Quid de l’aviron de rivière ? La Niçoise a mis sur pause sa carrière internationale à la sortie des Jeux olympiques de Tokyo 2020 afin de se consacrer à la fin de ses études. Cette trêve pourrait se prolonger puisque Elodie Ravera- Scaramozzino, contrairement à sa partenaire du deux de couple Hélène Lefebvre, n’intègrera pas l’INSEP et le projet Paris 2024 dans un avenir proche. Elle nous a expliqué sa décision, assurant toutefois sa volonté de rester dans
la course à la sélection.

Que retiendrez-vous de votre week-end monégasque ?
Ce Challenge Prince Albert II a été très enrichissant pour moi. J’ai engrangé un peu plus d’expérience et de confiance en mer. J’ai été particulièrement contente de remporter la première manche du solo féminin et de battre Jessica (Berra, la championne du monde), même si elle a rapidement pris sa revanche et m’a fait descendre de mon nuage. (Elle rit)

Et collectivement ?
On a produit une bonne course en quatre de couple, malgré un petit accrochage avec nos concurrents de Kanghua Cosmos. Nous avions à cœur de les battre le lendemain. Ils ne possédaient que trente points d’avance avant la dernière épreuve, on pouvait refaire notre retard. On retiendra la bonne performance et la victoire en clôture du week-end. C’était important de terminer sur une note positive, malgré notre deuxième place finale.

La formule du Challenge a encore évolué. Validez-vous le changement de cap des organisateurs ?
J’aime bien le format. On participe en équipe, on dispute plusieurs courses dans la journée, la stratégie ajoute du piquant… Le charme est différent. Ça nous change des compétitions traditionnelles où il faut uniquement ramer. C’est moins monotone.

On vous sent épanouie dans ce milieu.
C’est le cas. A Monaco, on s’est donné à fond et on s’est vraiment fait plaisir. C’était très amusant. J’adore le Challenge Prince Albert II et son ambiance bon enfant. Les concurrents sont habités par l’esprit de compétition, mais ils sont paradoxalement décontractés. En règle générale, cela ne sert à rien d’être tout le temps sérieux en aviron de mer. Il faut savoir profiter de ces moments tout en veillant à rester performant.

Vous montez en puissance en mer. Le Beach rowing sprint peut-il être une alternative voire une évolution intéressante pour vous ?
Je ne vais pas vous cacher que c’est effectivement dans un coin de ma tête. Je veux toujours faire du sport de haut niveau. Alors pourquoi pas le Beach rowing sprint. La pratique remplit tous mes critères. J’y pense beaucoup.

Vous n’évoquez pas l’aviron olympique ni Paris 2024.
Comme je l’ai dit, je veux rester dans le haut niveau, mais la perspective de repartir pour Paris avec ce centre à l’INSEP me freine énormément. Ce n’est pas pour autant que j’oublie définitivement les Jeux olympiques de 2024. Je reste en forme, je m’entraîne, je vais faire les points de passage, mais l’INSEP, ce ne sera pas pour janvier.

Vous dites “non” à l’équipe de France ?
Exactement. Pour l’instant, en tout cas. Je ne me vois pas me rendre au centre à l’INSEP pour m’entraîner avec toute l’équipe alors que je vis à Nice. Je comprends tout à fait cette politique, mais le projet ne me donne pas envie de faire ce sacrifice. C’en est un gros pour moi, et le jeu n’en vaut pas la chandelle à l’instant où l’on parle. J’attends de voir.

Des discussions sont-elles en cours ?
Oui, oui. Ce qui en ressort, c’est qu’il n’y a pas de solution. Le discours, c’est peu ou prou : “Soit tu viens à l’INSEP, soit tu n’es pas dans le projet et tu restes chez toi.” Encore une fois, je comprends tout à fait cette position. Je ne vois pas pourquoi on accorderait une dérogation à quelqu’un. Mais en l’état actuel des choses, ce sera sans moi.

Les changements au sein de l’équipe de France et le retour de votre coéquipière Hélène Lefebvre ne vous ont pas convaincu ?
Je ne ferme aucune porte si un projet me motive et provoque un déclic chez moi. Attention, je ne prends pas ma retraite en aviron de rivière. Je cherche juste des alternatives qui me gardent dans le circuit et me maintiennent en forme. Mais, pour l’instant, je ne me réengagerai pas dans le projet Paris 2024 comme l’a fait Hélène. Ce qu’ils me proposent actuellement n’est pas assez motivant.

Propos recueillis par Jérémie Bernigole

 

 

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